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FRANCHE - COMTr. RSPAGXOIJR. 537
aiiCHMW gouverneurs, les noUihles et l*an*lieYtM|ue y assisUienl. Mais là roiiime partout ailleurs, la trahison avait ses rouiplices. Sur les treize premiers qui donnèrent leur a\is, un siiil opina |»our la (li'^fense. Ia* pnmdent de semaine prit à son tour la |un)ie : 4**f(ail un nouinu* Boi/ot, que Ton sou|»çonnait d'cMre aussi du parti de la Franco; o'|KMiilant W dii^nt* et pairiotiipie lanfçage qu*il tint semblerait donner h rc* M>u)M on h* rararli're <!<' la ralouinie. Il re|)rés4*nta que, connaissant un pou le métier dis armes, ft i|n'a>ant <lt'*jà fait son devoir )K)ur n*connaltre le^ trou|MS ennemies, il os;iit assurer à srs collî «rues qu'elles n«* (l«'*|>assaient |ias quinze cents hommes i*>n ciïrt. Il* princi* d<> iA)\u\é n*cn avait ;;uère plus avec lui), tandis que Besançon «l«*vait éhv rcnfiinr le Ifutlemain de deux mille hommes des milices, sans com|»ter la ^.irnison l't le ;;ranil innulire des hahitanls de la ville prêts à comliattre vaillant inrni |K)ur leur lilnTlê. Quelle honte, ajoutait Roi/ot, si une ville de cette importance, di' ce hruit, de cette réputation, trenddait devant si peu de g^ns et donnait à toute l.i f.onilé le |)remier exemple de faiblesse et de Licheté! Il ne veut |)oinl exagérer la douceur de leur (rouverneuu*nt, dont [personne ne doutait, ni les obligatii»ns (|u'il> avaient à la uiaisim d'Autriche, ne prétendant |»as lt*s mettre en lialanci* a\ec la sûreté de la ville; mais il rapiielle que tous les rois de la chrétienté tnvaillaieiii à racconunodcuient des deux couronnes; que cet accommodement semblait di'sormaiN prochain; qu'un traité de paix changeait d'onlinaire tout ce que faisait la pierre et restituait le plus souvent cluique |»ays à son premier maître; que la résistanre de qnt*t()ues jours était maintenant sans danger à Téffanl dt*s Français; qu'ime ri'S4)lution liassi* et préci|)itée ne Tétait |>as en ce cas-là fiour rKs|ia|rne. Mais quoi qu'il pnisM' arriver, dis^iit B^ii/ot en linLssant, sauvons du moins notre rié|Mitation, si nous ne |Hiu\ons sauver notre patrie ; et si ce n*est par honneur, que ce soit par intén'l, pour nous faire un |k.mi plus considérer du vainqueur. Ainsi parla le président. S(>s paroles frappèrent dans le vide : des vingt-huit membres qui n'avaient |kis enenn* voté, {w\> seulement opinèrent (mur la résistance ! En tout, cinq voix sur qiiannle-4leu\ I La trahison était flagrante.
Iles députés se rendirent auprès du prince de Omdé : ils essayèrent de réclamer la neutralité, |{<>s:m4:on étant ville inqHTiale; ils oiïrin*nl d*y recevoir le roi, en ceitf qualité de ville iuqH'riale; ils lurlèrent de le choisir pour protecteur, aux m«'-iiifs conditions que Louis XI ra\ait jadis été. 1^ prince de tjomlé répondit aux envo>i'*s que Besant on a\ait |MTdu son titre de ville impt'*riale, et les somma de reronnaitri* le roi de France aux mêmes conditions «pfils avaient reconnu le roi il'Kspa;;!)!*; sinon que l'aNS^uit MTait donné bi nuit même au U^au quartier d'outre- Iltiiitis. Les députés reviennent, et le c(mseil est de nouveau convot)ué. I.es partis;ins de i.t l- rani •• représentent i|ue la ville ne |ieut |>as résister, qu'elle manque de miinitionN. que ses murailles sont en mauvais état ; ils font xaloir toutes ces niauv.'iiv's imInoiis i|iif |r> traîtres iniuvent toujours ii leur s«*n'ice ; ils insinuent que si l'on PM nit à r.iuiiabie hs Fninçais, le roi n'hésitera |ias sans doute à transférer à B«^iiH.«>n le parlement de Dôle. Bref, l'on \a aux \oix, et la capitulation est voté^. Mai^ un > ntit deux conditions e\pre>S4>, qui dénotent que le fanatisme religieux des FNpa^nols a\aii jeU* de profondes racims dans les mo-urs de la cité : Tune de res eon<)itioii< fut que le culte de la religion catholiqm*, afiostolique et
partie gagna peu à peu la première peute des coteaux voisins, si douce encore ol si aisée, qu*on ne s'aperçoit i)as de monter, mais d*étre monte. Ainsi le Doubs n*environne plus Besançon, mais passe au milieu de la même forme de fer à cheval, et Ton peut dire ou que la grandeur de la ville fait désormais sa faiblesse, ou qu'elle n*est pas encore assez grande pour être bien forte.... Les mes en tous les quartiers sont grandes el belles, les maisons bien kUies, accompagnées |)our la plupart de parterres, de jardins et de bosquets, ce qui augmente beaucoup sa décoration et son enceinte. On y voit encore diverses traces de la grandeur romaine, des restes magnlOques d'un arc de triomphe, des morceaux de colonnes et d'autres ouvrages anciens, des lieux dont les noms, quoique changés h demi par la longue suite des années, laissent entrevoir leur origine de ce temps-là, et que cette ville alors florissante affectait d'imiter en beaucoup de choses celle qui était la maltresse et ki capitale du monde. Elle a, par exemple, encore aujourd'hui son Cliau-Mars (le chamars), c'est-à-dire champ de Mars, place renfermée dans son enceinte sur le bord du Doubs, partie plantée d'arbres, partie laissée en prairie, et destinée aux promenades et aux exercices des citoyens, comme celle qui portait ce nom à Rome sur le bord du Tibre. On y trouve le Chau-Mus, champ des Muses; et sous de pareils changements, la rue de Vénus, le mont des Grâces, la colline de Diane, et quanliii* d'autres semblables.
< Les particuliers y sont plus riches que partout ailleurs, principalement à caïu^e du commerce des blés et d'autres denrées, dont cette ville est comme un magasin pour le reste de la Comté. » Après avoir dit quelques mots du caractère des Bisontins, de leur zèle pour la religion, de l'antiquité de leurs libertés, de leur jalousie contre Dôle à cause de son parlement et de son titre de capitale de la province, Pellisson arrive au gouvernement républicain de Besançon : t Tous les citoyens, dit-il, de quelque condition qu'ils soient, peuvent aspirera la suprême magistrature. Ils sont partagés en sept bannières ou paroisses, dont chacune, tous les ans à l.i pluralité des voix, nomme quatre citoyens, qui sont en tout vingt-huit. Ces vingthuit, mêlés de toutes sortes de conditions, de la plus haute et de la plus basse, comme il a plu à ceux qui les ont nommés, représentent tout le fieuple» et, ayant un pouvoir assez semblable à celui des tribuns romains, n'entrent pas dans le détail des affaires ordinaires et civiles, mais choisissent seulement entre les personnages les plus considérables, quatorze autres magistrats annuels, nommés gouverneurs, dont chacun est à la tête de ses treize collègues pour une semaine et tovr i tour. Ceux-ci connaissent également de la justice, de la police et de toutes choses, mais non pas des procès criminels qu*avec les vingt-huit, qu'ils sont obligés d'appeler en toutes les afTaires de consé(]uence et qui regardent l'État; ce qui fait un conseil de quarante-deux. > On voit, d'après ces lignes, que la forme du gouvernement n'avait pas changé depuis le douzième siècle : or l'existence de ces institutions démocratiques, maintenue jusqu'au milieu du dix-septième siècle dans la cité impériale de Besançon, était queUpie chose de bien remarquable, si l'on considère que Li plupart des villes impériales avaient depuis longlcïmps tourné à l'oligarchie.
(jQ fut le 6 février au soir que le prince de Condé investit Besançon et somma les habitants de se remlre. Le conseil des quarante-deux est aiissitAt convoqué; les
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anciens gouverneurs, les notables et rarolievêriue y assistaient. Mais là comme partout ailleurs» la trahison avait ses complices. Sur les treize premiers qui donnèrent leur avis, un seul opina |)our la défense. Le président de semaine prit h son tour la parole : c'était un nommé Boizot, que Ton soupçonnait d\Mre aussi du parti de la France; cependant le digne et patriotique langage qu*il tint semblerait donner h et* soupçon le caractère de la calomnie. Il représenta que, connaissant un pou le métier des armes, et qu'avant déj.^ fait son devoir ))0ur reconnaître les trou|>es ennemies, il osait assurer à ses collcgucs qu'elles ne dépassaient pas quinze cents hommes (en eflet, le prince de Condé n'en avait guère plus avec lui), tandis que Besançon devait être renforcé le lendemain de doux mille lionunes des milices, sans compter la garnison et le grand nombre des habitants de la ville prêts à combattre vaillamment pour leur liberté. Quelle honte, ajoutait Boizot, si une ville do cette importance, de ce bruit, de cette réputation, tremblait devant si |)eu de gens et donnait k toute la Comté le premier exemple de Taiblesse et de Licheté ! Il ne veut point exagérer la douceur de leur gouvernemont, dont personne ne douUiit, ni les obligations qu'ils avaient à h maison d'Autriche, ne prétendant pas les mettre en l^alanre avec la sûreté de la ville; mais il rap|)elle que tous les rois de la chrétienlé travailbient i l'accommodement des doux couronnes; que cet accommodemont semblait désormais prochain; qu*un traité de paix changeait d'ordinaire tout ce que Taisïiit la inierre et restituait le plus souvent chaque pays à son premier maître ; que la résistance de quelques jours était maintenant sans danger à l'ogard d(*s Français; qu'une résolution basse et précipitée ne lïUiit pas on ce cas-là |)Our l'Kspagne. Mais quoi qu'il puisse arriver, disait Boizot en Unissant, sauvons du moins notre réputation, si nous ne pouvons sauver notre |)atrio ; et si ce n'est par honneur, que ce soit par intérêt, pour nous faire un peu plus considérer du vainqueur. Ainsi parla le président. Ses |>arolos rrap|)èrent dans le vide : dos vingt-huit membres qui n'avaient pas encone voté, trois seulement opinèrent pour la résistance ! En tout, cinq voix sur quarante-deux ! La trahison était flagrante.
Ues députés se rendirent auprès du prince de Condé : ils essayèrent de réclamer la neutralité, Besançon éUxwi ville im|)ériale ; ils oiïriront d'y recevoir le roi, en cette qualité de ville impériale; ils parlèrent de le choisir pour |irotectour, aux mêmes conditions ipio Louis \I l'avait jadis été. Le prince de Condé ré|)endii aux envoyés que Besançon avait perdu son titre de ville imp<'Tiale, et les somma do reconnaître le roi de France aux mémos conditions qu'ils avaient reconnu le roi d'Flspagne; sinon que rass;uit serait donné !a nuit mémo an beau (|uartier d'oulre- Doul>s. Les députés reviennent, et le conseil est de nouveau convo(|ué. Les partisans de la France représentent que la ville no |>eut pas résister, qu'elle manque do munitions, (pie ses murailles sont en mauvais état ; ils font valoir toutes ces mauvaises raisons ((ue les traîtres trouvent toujours à leur service ; ils insinuent que si l'on rei*oit h raniiablo les Français, le roi n'hésitera pas sans doute à transforer à Besançon le parlement do hûle. Bref, l'on va aux voix, et la capitidation est votée. Mais on y mit doux conditions expresses, qui dénotent que le fanatisme religieux des Espagnols avait jeUi de profondes racines dans les mœurs de la cité : l'une de ces conditions fut que le culte de la religion catholique, a|»ostolique et romaine
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s'était porté sur la droite,] vis-à-vis le bastion d*Arans; le maréchal de camp de Cbamilly, qui commaudait le régiiuent de Lyonnais, avait abordé la |>ointe de la demi-lune placée entre ces deux bastions. Les assiégeants poussèrent droit i la contrescarpe, s*y logèrent de vive force et ouvrirent la tranchée. La journée du 11 février fut terrible : les Dolois soutinrent une lutte qui ne dura pas moins de huit heures. Le dimanche l!2, ils s*apcr(;urent vers le soir que tout se préparait pour un assaut général : ce jour-là le comte de Grammout, esprit fin, adroit, insinuant sous un air de franchise et de bonhomie, se présentait aux portes de Dôle, en demandant à parler au gouverneur militaire de la place. Les sentinelles ordonnent au comte de s'éloigner; mais (jfammont se contente de se retirer à quelques pas, se rapproche, revient plusieurs fois à la charge, prie, flatte, se familiarise avec les gardes, feint d'avoir soif, se fait donner par eux un rafraîchissement, les récompense d'une manière princière, leur parle de la puissance du roi, passe ainsi quatre heures de temps à les amuser et |)arvient à se faire introduire dans la ville. Il se met officieusement en rap[)ort avec trois conseillers du parlement et quelques officiers de b place, emploie toute sa verve gasconne à leur |)ersuader de se rendre, leur représente l'impossibilité de résister aux armes du roi, déjà maîtresses d'une grande partie de la province ; il leur parle de leurs vies, leurs biens, leurs honneurs, leurs privilèges; des horreurs d'une ville prise d'assaut; du sac et de l'embrasement de leur cité florissante. Et tout cela n'achevant pas de les convaincre, le comte de Grammont leur exagère le plaisir (jue les Dolois faisaient à leurs voisins de Besançon ; il leur dit la joie ([ue les dé|)uU^s de cette ville montraient la nuit dernière en voyant Dôle rriter par sa résistance la colère du roi et s'exposer ainsi à perdre non-seulement ses privilèges, mais son parlement, sa chambre des comptes, son université, qui seraient transférés à Besançon. Gette dernière considération produisit son effet. Du reste, le parlement ne désirait rien tant que de sortir de sa honteuse posiliou par une issue qui lui parût convenable : il demanda d'abord une suspension d'armes, |)uis dès le lendemain matin il fit dire au roi que la ville était prête à recevoir les Français, moyennant le maintien de tous ses privilèges. Louis XIV accepta la capitulation ; en voici les principaux articles :
l"..La religiou Githolique sera conservée dans toute sa pureté dans la provina, où aucuns huguenots ne pourront jamais habiter.
!2". Le parlement continuera de juger selon le droit écrit; les conseillers et autres» magisiraLs pourront vendre et résigner leurs oflices, si bon leur semble.
3*". Dôle restera la capitale de la Franche-Comté; on y tiendra toujours rassemblée des élats, et l'on y laissera le parlement, la chambre des comptes, runiversilé, le collège.
i"*. Le prix du sel ne sera jamais porté à un taux plus élevé que celui où il se trouvait présentement.
.V. Le cleigé, régulier cl séculioi', conservera ses privilèges.
Cette capitulation éuiit a^lroite, elle ménageait les intérêts de tout le monde; et ceux qui s'étaient vendus à la France croyaient n'y perdre qu'un changement do maître, ce dont leur conscience avait fait bon marché. Mais le tour des mécomptes devait venir.
KIIANCIIR-COMTI-' RSPAGNOLE. ftll
Loiii> \|V iMiini iliiiis Unie \v I i frvruT, sur U-s f|iiatrc heiir«*s du soir; il jura (11* iii.iinliMiir. iMMiinii* rouih' lU* Kour^çogiie, les |>rivilr|Ç(>s «le la villo et do la pro- «irin*, 1*1 s4* iviMJil à la (allinlralr, dû il fut liarangni' par le doyen du chapitH*. \\t\*-^ a\(iir fiitrniiii \v Te Ih'inn, il m* reuiil à «lieval \m\r venir roudier au cli.ileau «If Ki>u;rfraii^. L«irs(|ue its Dolni^ apprirent que la |iai\ était faite, ils eu aerueillirtiii la nouvelle imi un senduifut de douleur : les uns montraient sur leurs hjrurr^ les Ni;:!ii> d'un** uioine iri>tess«' ; Ifs autres, l'expression d'une fureur vio- Ifiite. IMusIeuis sold.iis de la niiliee lHiM*rent leurs annes sur le \Kï\éy et Ton vit dis riMiinie> en raniassi'i* a\ee res|H*r( les dèliris. C'étaient les reli(|ues du courage (i.dii; mais |r peuple tW Hôle de\ait, connue relui de lU^siineon, ronime relui de S.1I1US. >e raiipfliT un jour le nom des traître^, et h*s arealder de s'i vengeance.
LiMiis \|V s*i»iail on\erl les portes de< trois phnei|);di*s villes de la Franehe- (^Mh(>' : pniir rire mailre tU' la pro\inee, il ne lui restait iprii m* fain* ouvrir lis |MMte> de (*ra> et eellrs de> lorteresses de la inontaKne. Ilisons ce <|ui se |ias>ait à la iiionta;riii' : lirlasï nous aurons â constater là, comme jKirtout ailleurs, hien des infamies.
\x manpils de Nois\, <pii rominandait le corps détacht* dans le haut Jura, s était prissent»* le i fê\rier dt:\ant l.ons-Ie-Saiilnier. Surprise â Timproviste, mal fortifiû', sans ;;.unlson, celle \ille lit à penie un simulacre de résistance; elle se rendit fioiir è\U«'r l«*s malheurs d'uin* place iM'isir trassaut. L«* {général fran«;ais se fut h |KMne assun- des portes, (pi'il donna Tordre d'attaipier le château de Slontaigu : cViait la «|ue iitf^id.nt l.aeii/on. l/illiislre rapilaine avait été charp* du roininandeuieiit des corps-ri.iiHN, ri dr|uiis un mois d s'était o<*cu|)é de n'^or^Muiser ses tundes de inon- Li^iianls ; le presti^M' de siin nom, son inllnencc, la conliance qu'il inspirait, avaient lallii' anti»ur de lui deux nulle rantassjns et trois on quatre cents cavaliers. Il disfiUNi ers rouip.t;;iiies de maniêiv â ce qu'elles pussi'iit <lefendre les passades et se réunir au Imsuhi (>n qnelqiirs heures : il en plae;i ilaus les ca\ernesde IleviKU}, à la grotte du VaL à Saint-Laurent la iloclie, au ehâte^ui de rAi;;le, et «lans di\iTS autn*s endroit. A iJeLuil de forées iioinhceiises, les acciilenLs du terrain, raccès diflicile dcN nji>!i|j;^nes, en nn inid la nalnn* du {mxs, devaient lui iKTii.eUn* de rt*>ister h de^ m.i^M's consi>!eral)les. I^Mir lui. il a\ait li\é s;i lésitlenee au châte^iu de Montdigu; l'tUiii (oniUM' son qnarlh r ^«^neral. t> chàte«iu couqitait à peu pri*^ quatre cents imnoiK s lie ^'..inison. parmi lespuls se relroihaient plusieurs des anciens couqm- /(it*ii^ d'arnifs du eapiUnne. l/àpe n'axait pas refroiili leurcoura^^; ils se rap|ielaiiiti h'N ^'inri' ii\ siiu\enlrs de la ^riieiTe de tlix ans, et |Miis ils |M)rtaient au cœur !•• iiil:'' 'le la patrie cl ranionr de riiiilépenilanei*. I.i's antres, plus jeiiins, alleu* «tait'iit i'iM rasimi de ninnliiT qu'ds elaient «lignes de IfUi's aino. Ils le proinêrent |i<i^pi>' !e iiiaripiis dr N<ms\ \ini attaquer le elialeau deMoiitaign. Les montagnanis, • Ir. iii^.N |.ir il jiivs. née el re\eiu|de de leur mdde «Mpiiaiue, n* «léfendin*nl a\ec laiii •rii"iiir«iMi'. ijuils fnreeivnt le ;:èi:« rai Iraiieais à«lonner le signal de la retraite. Ni»is> paiiii pniir l's liaiit's iiionlagne>; il \enail de rec«'\<»ir Tonlre d'armer en ttiiile h.iii- .111 Imi de Joii\ ri de s'en remlie mailre, ain^i que de l'ontarlier et du fort lit- .sai!itt--.\niie. Le gt-n.'ial fraiH.ais parcourut la montagne sans a\oir de coiuluts xTietix a livh-r; la trahison a\ait vaincu |»our lui. Ia.*s coq^fraucs du ca|nuiiie
Laciizon furent les seuls adversaires que Noisy trouva sur son passage. Soutenus par cet esprit d'indépendance qui jadis avait enfanté des prodiges, ils étaient résolus à ne pas céder le terrain ; et de vigoureuses résistances, de grands actes de courage illustrèrent leur dévouement. Mais les montagnards, trop peu nombreux, tro|» fractionnés pour pouvoir arrêter par eux-mêmes Tennemi, avaient besoin dV-ire soutenus; ils comptaient sur le concours des gouverneurs des forteresses : au lieu d'appui, ils ne trouvèrent partout que défection; et, la démoralisation, le découragement s'emparant de leurs âmes, ils laissèrent tomber les armes de leurs mains. Ces braves gens emportèrent du moins avec eux la consolation d*avoir fait leur devoir, et le droit de maudire les hommes dont la conduite U's forçait à céder sans combats le sol de la patrie : en eiïet, la trahison avait permis aux Français de s*em- |)arer sans coup férir de Pontarlier, du chAteau de Joux et du fort Sainte-Anne. Il faut dire comment les choses s'étaient passées.
On se rappelle que le parlement de Dôle avait envoyé le sinistre abbé de Watteville demander du secours aux Suisses. Watteville n'accomplit pas sa mission, ou plutôt il l'accomplit h sa manière : il rencontra, chemin faisant, le général de Noisy, entama des négociations avec lui, et le quitta pour monter au châte^ui de Joux, où s'était renfermé le marquis d'Yenne, gouverneur particulier de la Franche- (^.omté. Watteville, après deux ou trois conversations, avait amené d'Yenne à se ranger du côté de la fortune, c'est-à-dire du côté de la France. Pendant que e^lto défection se consommait au fort de Joux, il s'en préparait une autre au fort <lo Sainte-Anne. La position de cette forteresse sur un roc escarpé, protégée par des précipices, et pourvue de tout ce qui pouvait permettre une longue résistance, vu rendait la pri^e presque impossible; mais le gouverneur de Sainte-Anne, nommé Taleran, était un lâche. Le marquis de Noisy ayant trouvé moyen de s'abouclirr avec lui, l'intimida par le nombre des forces dont il disait disposer, par sa ferme résolution d'em[)orter la forteresse, par le sort réservé à ceux qui tenteraient de résister ; et Taleran, tremblant pour sa vie, promit au général français de suivre la fortune du marquis d'Yenne. S;ms perdre de tem|>s, Noisy marcha sur le fort dt* Joux; mais il envoya d'abord un trompette sommer le gouverneur de Pontarlier de se rendre, et les habitants, soldats et p<')ysans de se retirer chacun chez eux, hs menaçant, s'ils s*y refusaient, de brûler leurs maisons, conflsquer leurs biens tt même de les punir de nïort conime sujets rebelles. Obéi de ce côté, le général fnii:çais s*approcha du château de Joux. Cette forteresse était sans contredit la plus n doutable de toute la Franclie-Comté : construite à l'entrée d'un étroit déliiez sur une roche vive, aux parois abruptes et sauvages, elle présentait un abord presque inaccessible. Bernard de Saxo-Weyuïar, (pii s'étonnait de l'avoir prise en trois semaines, déclarait que si l'un de ses ofliciers l'avait rendue en aussi \mi de temps, il n'auniit pas eu de grâce h espérer : en effet, trois cents honnnes bien résolu*^, enferin''*s dans le château de Joux, pouvaient s\v défendre contre des forces considérables. Le manpiis d'Yenne, qui y était avec cinq cents honnnes, se rendit sans tirer uo coup d'arquebuse : il capitula dès la |)remière souunalion ; et, chose honteuse, il capitula devant cent vingt soldats ! Noisy n'en avait pas davantage. Le marquis d' Yeune sortit du cliâteau |>our venir demander à Louis \1V la récompense de sa trahison :
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rilf lui valut lin tmvrl t|i> lii-(itiMj:<iit p^inni!, n\rc la ronliiiiiation dos |N'nsioi)s •ju'il (tMMil ilii roi il'!>)»:ii;iit>.
I 'liTiii liM.i SI Inrtiii'SNiMli» S;iiiili'-AniM\
(.' lui .111 iiiiHiHMil nii I niiK \|V i'*t;il»tis^ai( itt'vaiit C»r:\\ sriri <|iurli<T g«*ni'*nil, ijMii .•(>pii( l:i NiiiiiiiiNsinn •!«• la iitoiiin^nt' : ii*n\ ipii lui i*n |»nrti*reiit l«i noiivHli* l'i.ihiil !«• iiKir-iiiiN ii'N<>iiiif r\ r.iMM* iji* \Va(lr\illi*. l'iii* iiiTni«T«* tnliiN^iM dt* co< iltiiN iiMiiii[HN .lil.iit fiiiviir aux I niKais 1rs poilrs ilr (.ia\. iKiiis rrtti» vjllt*, iiiiiit!*- .1 l'i'N.iiM'iii). a hi'ili', a SaiiiiN, il \ a\aj( t\r\\\ partis, iliMix «^oiitimonls l'ii p[f^ii:ii' : 11(111 rnh* riioiiiiiMir. ili* raïun* la làrltrlr; iriiii rntt* |i* |M*n|»li' (|iii voiil.iil SI* iN-li ri.!ri- jii> in'.i la iliriiirn» i»\ln'mil«\ <li* riiiilri' l.î liniir;:iH»isii' i}iii voulait s<» rt ii'hr saiiH ImûIiT iiitr aiiMHTf. la* roiitiiiaii(iaii( «le l:i ptact*, iiiar<|ni> di* Lulliii, H It' ir arn* .Mnii^'in i iairfit di> Taxis du |itMi|ilf : on ni* tlf\.iii pas ri'.ItT sans roniliatln?; li f rla ( .lu hKiiiis saiiMi' la n'piilalioii dt> la villi*. Ilniv uitMnhiTs tlii parlt*iniMH, MM. (.niiiii, tl* Nd-inlaiit dr riii^dirii'ii. i*( Jartpiol, qm* louis \|V a\ail anirm'S di* h« 1- A\it lui, tuniil l'Ii.ii 'S (il* pnrttT aii\ (ira>lois riii\itatMiii ijt* rapitiiler ; mais Ifs i! MX l'UMiM^s ni' pariM' ut pa^ pliitùt dfvant les riMn|k:irtH, ipit* ilfs rt»u|is di* fusil ItN ;4iii-'-iciit a la i'rti.ii(«-. i'.''{W rrcfption faili* à di*s di'piitrs |Nin\ait fntrahiiT di* l« inMrs «MiisiMpiriri rs. t't l'on iM' viil Ci* ipii fût arrivt* si lt*s iiilri;:iU's dv l'alilH* df Watli-vil'i- i't du it ar'pi.s d ^l■tlfll^ ipir h* roi a\ail pri'rnJi'niintMit rn\o\i'*s h (ira\ i 11 p .ilriiniiiairr.., m'cunm'IiI i'II li' s|i(«is iproi: attiMiiJait di* riiatiih'tt* du pi^'inirr il d«* riullii.ihi' lin n.tmihI. r-s dt'Mx tiaiiirs travailliTt'iit ^i Wu*u Ifs osprits, ipn» It-^ parltNaiis ih* la rapitid ili')!) liiiM'mt |iar rtrr U*^ pln^ niindiifiix on |i*s p|n« fnrls, !•!. Ir 11» li-viii-r, \\< |iMti*s il- t,ia> ^'nn\riri'nl tlr\anl h* n»i di* Krani'»*. !.'■ jron\«'riii i.r Liiiliii pmirsia. pour son linnnrur iinlttairi', rontn* la snliilanli* d'nnf rnMith*n ^1 lM»iiti*nsi« ; I't II' ma II* Mi-ii;:'!», «n pr«'^i*ntant .' I onis \|V I#»n rl^fs di* la \}\\'\ ■Ml le fiiiira^'' il«" ;ii! -lin' : • Sii»*, \oin' n»nipirli' st-rait pins «'Ihihmisi» si rlli» xiius iMii rif ili^pni»"'". •• <'»N inot^ lirtMii fronrtT li» >onriil iW rur^rurdltMix inoiii: pu-, parc-* ipiMs .'lai.nl ppifninlfnit'nt \rais; ils nMifiMinaii-nt tout k *«irn't df la |H.!iii<pii' ipii \«-iiai( de dnniH-r en «piiii/i* joiiin nn niailn» à la Kr:ini'lit*-(àui;lt'*.
I ••iijs \|V III' sain la «pii' iph'lipii's hfinrs à <;ra> . Av.iol «ji» ivparlir |Minr S;iinlt.iiinain. i' ■ •iiiMia ;'i»M\i'rni*nrs : «lans li's dfux nonr^i»t:ni'<, le priiM-f il»» %IiHMlr; .« r..-^ ii!i l'ii, l>- m iiipii^ l'.i* Villais; à |)n|i*. li* nianjuis ih* tlada^'nr; à S;din<, !•* oi iiitit^ i|i N"i^^ ; a (iiav. I«- nianpiis dr lîisM ; an rh.ittMii dt* Jonx, It* m.in|ni*i •!•• I ' i! III iht . r\ it laissa roidn- dr lalp' r;is«T ji's atitn's fnrlon"»Nps ilr la pro» \\)\i'- p !i> • liiN ,|i> IIS fmii-ri'NM's ii'iiaitMit rin^on* ; mais la trahison dt*vaii<a la
1, X. I- •!• l".-; : Mil rrai^riiail ti.j i d'aiiixt-r lri»p lard .i la fiin'i» ili*s ni-oniïMMisi's
i, \ ,' ^ \i ri.iîian ilr r.M;;'»'. nilii* anttfs, il si* pasv^i ijnrlipif rlii»M' di» liieii
1,, ■.. . I. Il hall I Mil lit iliiii indiT «1» «pi'iin Ini ilniiiirrail \*f*\\r \.\vvr ^a forti'n*ss«',
!.i-.- {i • .1.' s.- .pi.' x,t piivii nn iiMhlail impTriialili'. t>n Ini ri*pi»n«IJl «pii* la |mi|immv r ii:. ' îî ' -: •laii'* «pi.ilir j'inis il n'axait pa> Ini-iurnn- rast* snn rliàti^aii, ri W nii- .. I .. s.ii|.|'s.;i i!*«.|irii î \m!i< If '!itiHiiN df iif pon\oir riTiff lf itoni do rt't Il /• Il II; i;< iiImis : i'Iiisiniif il'* i!i*ii pas avoir di* infiia;;fiii»Mit (NMir li*s trnltri^ • 1 |. ^ I M 1:.'^. il « «^t ^'11 df\i».r «pTfîîi- rfiiiplii rn r!«ni.iiil vins pilir Ifiir niôiiioin'
a*: ; •■î''aM «!■■ l'int iiiii»'.
Pour faire ombre h tant de trahisons, il nous est consolant «ravoir à ra|)porier un noble trait de fidélité. La place de Nozeroy résistait encore, après la soumission de toutes les autres places de la province : le commandant du château de Nozeroy s'appelait Guillaume de Montrichard, d*une famille renommée pour sa loyauté traditionnelle. On connaissait Guillaume aussi probe et dévoué à son pays que vaillant soldat; cependant, un homme que Ton trouvait sur le chemin de toutes les mauvaises actions, Tabbé de Waltevillc, essaya de le corrompre : il lui fit ofTrir une récompense au nom de sa majesté Louis XIV s*il voulait admettre une garnison française dans le château de Nozeroy. La réponse de Montrichard à cette injurieuse proposition fut c qu*il ne traiterait jamais avec un parjure, et que si, par le sort des armes, Watteville se rendait maître de la place, lui, Montrichard, ferait sauter et la place et le traître. » Dans ce noble langage, l'abbé ne vit qu'un avertissement d*agir avec prudence et de ne pas aller plus loin avant d'avoir mis Guillaume de Montrichard hors d'état de réaliser sa menace. Alors il s'adressa secrètement aux bourgeois les plus influents de Nozeroy, il calomnia dans leur esprit le brave gouverneur, il acheta leur conscience h prix d'or, et la lâcheté fit le reste. Les bourgeois assaillirent a l'improviste le fidèle Montrichard, s'emparèrent de sa personne, et l'ayant charg<'> de chaînes, ils le livrèrent en cet état à Watteville, qui prit ainsi paisiblement possession de la ville et du château de Nozeroy.
Le sacrilège abbé pouvait maintenant courir â Saint-Germain toucher le prix de HOH infamies : il devait être content de lui! Il avait vendu son pays natal h la France et il venait de garrotter le dernier bras généreux qui se tint encore levé pour soutenir l'honneur national croulant sous une avalanche de trahisons; car le capitaine La- (Mixon ne combattait plus â ce moment-là : il avait laissé tomber son épée, et ta Frmche-Comté pleurait en lui son dernier héros. Bien des jours s'étaient écoulés sans qu'on eût revu dans la montagne le noble capitaine : on n'entendait plus parler de lui ; nul ne savait ce qu'il était devenu, seulement on connaissait son courage, et l'on se répétait de vallée en vallée qu'il devait avoir cherché la mort dans un dernier combat. Voici ce qui s'était passé. Lacuzon avait cm que l'on disputerait vivement aux Français le passage des montagnes; mais, indigné de la lâcheté qui leur ouvrait sans coup férir l'entrée des forteresses, il avait couru sur les traces du général ennemi. Il était arrivé trop tard : déjà les Français occupaient toutes les positions. Voyant la lutte finie de ce côté, le capitaine abandonna la montagne pour aller avec ses compagnons offrir le secours de son bras aux Dolois, qui résistaient encore â cette heure-là. Mais il fallait pénétrer dans la place, et ce n'était pas facile: les Français faisaient bonne garde autour des remparts. Lacuzon essaya vainement de passer : courage, fureur, désespoir, tout vint se briser contre le mur de fer qui lui barrait le chemin. Il se vit obligé de battre en retraite. Alors il regagna la montagne, avec le peu d'hommes qui lui restaient, et depuis ce jour il disparut. Ce qu'il devint est encore â présent un secret pour l'histoire : les uns croient qu'il s'exila pour échapper h la vengeance de ses ennemis ; d'autres, qu'il se laissa mourir de faim pour ne pas sur>ivre à l'asservissement de sa patrie. Le caractère de Lacuzon, et la découverte que l'on a faite dans cette fameuse grotte de la Franée où le capitaine avait l'habitude de se retirer, donnent à la domière version Fautorité de la
FRANCHK- COMTÉ tlSPAGNOLE. 54S
^rai^mblana*. Lncii/on regardait comme un déshonneur le titre de Français : né KraniM:onil(»is, il avait fait le serment de mourir Franc-Comtois. Or, un jour de raniMH! iHlo, des InT^ers a (H'reurent couché au milieu de la grotte de la Franée, un N4]ii('liMie dont l.i main purhe reposait à l'endroit du cœur, et dont la main droitr tenait enr(»re la parde d'une épt^e espagnole. I^cuzon n*eût pas choisi, pour mourir, une autre attitude (|ue eelle-là. (Juoi qu*il en soit, depuis la soumission de la |iro\ince, le ca|Htaine ne reprut jamais dans la montagne, et les cœurs restés liilHes au vicnv ni\w. de la pairie pleurt»rent, parce cprils comprirent qu'en ce héros venait de finir la nationalité franc-comtoise. .\ujourd*hui ce chevaleresque enrani tlu |»en|)le nous a|»parait comme une de ces grandes ligures qui reflétèrent en elles um* é(K)(iue et un sentiment; car l^cuzon représenta l'un et l'autre dans les deux phases de s:i vie : dans la première, il fut la personnification de ce mouvement national qui pouss«'iit tout un {HMiple à eomtiattre et mourir pour son indépendance; ilan> la seconde, il fut la |>ersonnirication de ce sentiment qui puise toutes ses ins|)irations dans l'amour du sol natal et fait préférer l'asile de la tombe ii la |)ensée de ne |»ius vivre libn^ dans le pays où l'on a reçu la liberté avec le jour : voiLi |Kiun|uoi Ton a dit de La(Mi/.on qu'il fut le dernier de» Franc-Comtois. L'histoire lui a rendu jusiie<* en le (tlaçant au nondire de ces héros dont la grande Ime ne contient d'autre ambition que celle de défendre l'honneur et rindé|»endance de leur patrie ; la |)04'*sie \iendra W, glorilier à son tour, car il S4' lèveni sans doute un \KH'{v à la voix inspirée |>our nous redire la vie de cet homme extraordinain*.
■tM PR ANCHE -COMTli ANCIENNK ET MODERNE.