CHAPITRE XIX. l652. I
Saint-Antoine, buvaient à la santé de Mademoiselle du vin qifelle leur faisait distri-
» avaient construits autour de leur faubourg, pour se » mettre à l'abri des maraudeurs qui infestaient les en- » virons de la capitale , et qui s'appuyaient d'un côté • aux pieds des collines de Charonne, et de l'autre à la » Seine ; ils avaient dix-huit cents toises de circuit. Ce » faubourg formait une pâte d'oie ; les principales rues » aboutissaient à la porte de la ville, sous la Bastille, » dont le canon dominait tout le faubourg , et enfilait les » trois débouchés; indépendamment de cela , des barri- » cades furent élevées au milieu de ces trois rues , et le » prince de Condé fit occuper et créneler les principales » maisons par des détachemens d'infanterie. Turenne > attaqua ce faubourg ; il pénétra par trois points : la » droite, sous les ordres du marquis de Saint-Maigrin , » entra par la rue de Charenton ; le centre , où se trou- ' » vait le maréchal , s'empara de la barrière du Trône ; » et la gauche , sous le marquis de Travailles , longea la » rivière , se dirigeant sur la place d'armes. Les retran- » chemens n'opposèrent pas de résistance; on se battit » aux barrières : Saint-Maigrin s'empara de celle de » Charonne , et mit en déroute les troupes qui lui étaient » opposées ; sa cavalerie se lança imprudemment dans la » rue, et arriva jusqu'à la place du marché ; elle fut » chassée par Condé , qui la battit avec une cinquantaine » d'officiers d'élite. A la gauche , les troupes royales » parvinrent jusqu'à la barrière, elles s'emparèrent même » du jardin de Rambouillet ; mais les ducs de Beaufort
buer, puis entraient en chantant dans Paris. Le Roi et le cardinal Mazarin, toujours
» et de Nemours s'avancèrent à la tête de la jeunesse de » Paris , et les repoussèrent. Navailles avait eu la pré- » caution de faire occuper solidement les têtes des rues, » ce qui lui donna les moyens de conserver la barrière. » Turenne pénétra lui-même dans la principale rue ; il » arriva à l'abbaye Saint- Antoine , mais il fut repoussé » par le Prince , qui accourut à la tête de quelques offi- » ciers de sa maison, et le ramena jusqu'au-delà de la » barrière. Peu d'instans après, Turenne rentra dans la » rue avec des troupes fraîches. Un grand nombre de » petits combats singuliers signalaient la bravoure des » des deux partis , lorsqu'enfin le maréchal de La Ferté » arriva avec l'artillerie : Turenne en plaça aussitôt une » batterie près de l'abbaye Saint- Antoine , et en envoya » également à l'attaque de droite et à celle de gauche. » Profitant , d'ailleurs , de la grande supériorité de ses » troupes , il enleva plusieurs grosses maisons où s'étaient » crénelés les Frondeurs, qui, se voyant forcés de tous » côtés, perdirent courage et se sauvèrent en désordre » sur la place d'armes , en avant de la porte Saint- An- » toine. Dans ce moment, Mademoiselle apporta aux » bourgeois , de service à cette porte , l'ordre de l'Hôtel- » de-VTUe, de l'ouvrir à l'armée de Condé, qui , ranimée » par cette heureuse nouvelle , rentra dans Paris avec » assez d'ordre , et alla se camper et se retrancher sur » l'autre rive de la Seine , derrière la petite rivière des » Gobelins. Au même moment, Mademoiselle fit tirer le