‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 109 sur 149 · CHAPITRE XIX. l652. 2l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. l652. 2l

L'ordre se rétablit enfin vers le milieu de la nuit. Ce qui restait de députés à l'Hôtel^ de-Ville se retira en sûreté. On jeta dans la rivière les cadavres dont la place était couverte ; on répara à la hâte les dégâts les plus apparens, et le lendemain on voyait peu de traces de ce qui s'était passé ; mais une consternation générale régnait dans la ville '. Un grand nombre des plus notables bourgeois sortirent de Paris ; tous éprouvèrent une. indignation profonde. « Jamais , disait » l'avocat - général Talon , une action plus » farouche , plus brutale et plus sauvage n'a- » vait été commise en France. » Malgré les efforts des Princes pour s'en disculper , ils furent généralement reconnus pour les auteurs de cette odieuse trame. Plusieurs magistrats osèrent la leur reprocher en face. « Les » plus modérés refusant de croire que de » grands et nobles princes se fussent ren- » dus coupables d'une lâcheté si noire et si

» tèrent Mademoiselle , et lui firent de bons contes dont » elle rit beaucoup sur les scènes de la journée. »

Mémoires de Mademoiselle.

1 Le prix du pain augmenta subitement jusqu'à huit et dix sous la livre.

2l6 HISTOIRE -DE LA FRONDE.

» atroce , s'indignaient cependant que Leurs » Altesses eussent laissé pendant cinq heures » un si grand nombre de gens de bien dans » le plus extrême danger sans s'inquiéter de » leur porter secours. »

Le Parlement prit alors la résolution de suspendre ses assemblées. Rien n'était plus contraire aux intérêts des Princes qui ne pouvaient se passer de l'autorité des compagnies et des moyens d'une administration régulière, pour obtenir des habitans les secours d'hommes et d'argent nécessaires à la continuation de la guerre. Gaston se rendit de sa personne chez les principaux magistrats, et s'efforça de leur persuader de revenir au Palais ; mais il n'obtint d'abord aucun succès. La femme du président Charton lui demanda « si c'était donc qu'il » voulût absolument la mort de son mari, » et que n'ayant pas été tué à l'Hôlel-de- » Ville , Charton dût aller au Palais pour » se faire assassiner. Elle ajouta qu'elle ne » le laisserait sortir de sa maison que si » Son Altesse lui envoyait M. de Valois en » otage. »

Espérant plus de succès auprès des bourgeois, les Princes firent convoquer une nou-

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