‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 110 sur 149 · CHAPITRE XIX. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. l

velle assemblée à l'Hôtel-de-Ville , à l'effet de pourvoir aux charges vacantes du gouverneur de Paris et du prévôt des marchands. Les notables qui devaient assister à cette assemblée, furent choisis chez les quarteniers dans les formes ordinaires ; mais les habitans les plus considérables étaient sortis de la ville ; la violence et la fraude dominèrent dans les élections ; et cependant lorsque les députés furent réunis à l'Hôtel- de -Ville, il fallut encore recourir aux plus honteux expédiens pour obtenir la majorité en faveur des candidats du parti des Princes. Le conseiller Broussel ne l'emporta que de quatre voix sur le président Charton, et le duc de Beaufort ne fut nommé gouverneur de Paris qu'à la même majorité.

La nouvelle administration abandonnant aussitôt les erremens de l'ancienne, et se séparant de la politique jusqu'alors suivie par la magistrature et la bourgeoisie de France, proclama l'union de la ville de Paris avec MM. les Princes, et conclut un traité par lequel elle s'engageait à « travailler à remettre l'Etat » dans sa première forme ; à établir, sous l'au- » torité souveraine du Roi, le conseil légitime

2i8 HISTOIRE DE LA FRONDE.

>* des princes du sang, des officiers de la cou- » ronne, et de ceux qui sont issus des grandes » maisons et familles anciennes , lesquels » par affection naturelle et intérêt particulier » sont portés à la conservation de l'État '. »

Forts de l'appui du corps de ville , les Princes espérèrent triompher enfin de la résistance du Parlement, et sollicitèrent de nouveau rassemblée générale des Chambres. Un profond dissentiment se manifesta alors entre les membres delà compagnie. Plusieurs, intimidés ou séduits, se montraient disposés à plier sous le joug. A la vérité ils étaient peu nombreux et sans crédit dans le public; mais les magistrats austères , ceux même qui se portaient avec le plus d'énergie à la défense de Tordre légal et des libertés publiques, ne purent s'accorder entre eux pour une conduite commune. Les uns voulaient se rendre à l'assemblée, et demander hardiment vengeance de l'attentat commis à l'Hôtel-de- Ville. Ils rappelaient « que la Cour ne se devait » jamais cacher; que la justice était un dépôt » sacré dont les officiers demeurent comp-

1 Article 4 de l'union de la ville et de MM. les Princes.

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