CHAPITRE XIX. l65ï
Disposant alors à leur gré des ressources d'une population immense , les Princes croyaient leur succès assuré contre la cour. Bientôt ils s'aperçurent cependant d'un étrange mécompte; les ordonnances du corps de ville, les arrêts même du Parlement restaient sans force dans l'exécution. Les hommes notables avaient quitté la ville; les bons bourgeois se tenaient enfermés dans leurs maisons , et les artisans, sans ouvrage , attroupés tout le jour sur les places publiques , demandaient à grands cris du pain et le retour du Roi.
Par un juste jugement delà fortune, le massacre de l'Hôtel-de-Ville perdit ainsi la cause qu'il avait déshonorée ; la ruine du Parlement entraîna celle de ses oppresseurs , et le cardinal Mazarin , profitant des fautes et des crimes de ses adversaires, ne trouva bientôt plus d'obstacles au rétablissement du pouvoir absolu.
Pour retarder ce dénouement inévitable, M. le Prince tenta d'établir parmi ses amis quelque espèce d'ordre et de discipline, mais il ne put y parvenir. Les élémens de son parti étaient essentiellement réfractaires , et jamais l'insubordination des gentilshommes , les pré-