‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 118 sur 149 · CHAPITRE XIX. l652. 23l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. l652. 23l

» point sans garantie, tant qu'il lui resterait » une épée. » Sa situation dans Paris lui devenait cependant de plus en plus insupportable. Il répétait souvent à ses familiers « qu'il » séchait d'ennui ; qu'il ne pouvait plus tenir » à entendre parler tout le jour de Parlement, » de Chambres assemblées et d'Hôtel-de-Ville ; » qu'il était plus fatigué de ces gens-là , que m jamais monsieur son grand-père ne l'avait » été des ministres de La Rochelle. » Enfin sa patience étant à bout , il sortit à la tête de ses troupes pour joindre le duc de Lorraine qui s'approchait à marches forcées.

Ce prince , se jouant à l'ordinaire de ses sermens ' , avait rétrogradé jusqu'au premier village du duché de Bar, et, après y avoir fait tirer un coup de canon , il était rentré en Champagne. Ses troupes, réunies à celles de M. le Prince , étaient plus nombreuses que l'armée royale commandée par M. de Turenne; mais celui-ci prit une position si favorable à Villeneuve-Saint-Georges, qu'il tint les ennemis en échec plus d'un mois sans qu'ils osassent rien entreprendre. Pendant ce temps ,

' Voir la page 176 de ce volume.

23'2 HISTOIRE DK LA FKONDE.

le zèle des habitans de Paris ne se laissa plus contenir. Le cardinal de Relz , donnant le premier exemple , conduisit à Compiègne * une députation solennelle du clergé '. Depuis trois mois, étranger aux affaires, Gondi se tenait enfermé dans l'archevêché , détestant les violences et les crimes du parti vainqueur. Il saisit volontiers cette occasion de se rapprocher de la cour dont il désirait adoucir les ressentimens , sans être disposé néanmoins à la fléchir par des lâchetés.

Admis en présence de Leurs Majestés , le cardinal de Retz parla des malheurs et des fautes de la ville de Paris avec un mélange convenable de soumission et de dignité; il supplia le Roi de se rendre aux vœux de son peuple , et de revenir dans sa capitale. Il s'acquitta ensuite d'une mission secrète don tl'avait chargé le duc d'Orléans. Excédé de travail et de soucis, le faible prince ne cherchait plus qu'un prétexte pour abandonner les affaires ; la mort

1 La députation était composée de douze chanoines de Notre-Dame , de quatre de la Sainte-Chapelle , des curés de Paris et de deux députés de chaque communauté religieuse.

* 9 septembre.

Page 1