CHAPITRE XIX
de son fils unique ajoutait en ce moment à son découragement, et c'était avec sincérité qu'il promettait à la Reine d'abandonner Paris , et de ne plus sortir de son apanage.
A de telles conditions , le cardinal de Retz se croyait sûr de rapporter à Gaston une réponse favorable , mais le temps des ménagemens était passé. Anne d'Autriche accueillit avec froideur des soumissions sans mérite à ses yeux, parce qu'elle les savait nécessaires. Quelques jours après, le corps de ville ayant aussi envoyé des députés à la cour, ils n'y furent point admis *, et le Roi s'étonna qu'un prévôt des marchands , nommé par des factieux, osât demander à paraître devant lui. Enfin une députation du Parlement lui-même, chargée de porter aux pieds du trône l'hommage du respect et de l'obéissance de la compagnie, fut également repoussée, « attendu » que les officiers réunis à Paris étaient des » rebelles, en contravention manifeste avec » les ordres de Sa Majesté qui avait transféré » son Parlement à Pontoise. »
Ceux des magistrats qui s'étaient rendus
* i4 septembre.
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dans cette dernière ville, n'obtenaient cependant guère plus d'égards. A l'occasion de quelques remontrances sur le fait du gouvernement , Louis XIV les tança durement. « Toute autorité nous appartient, disait le » jeune monarque dans ses lettres-patentes. » Nous la tenons de Dieu seul , sans qu'au- » cnne personne de quelque condition qu'elle » soit, puisse y rien prétendre — Les fonc- » tions de la justice , des armes et des fi- » nances doivent toujours être distinctes et » séparées ; les officiers du Parlement n'ont » d'autre pouvoir que celui que nous avons » daigné leur conférer, pour rendre la justice » à nos autres sujets. Ils n'ont pas plus de droit » d'ordonner et de prendre connaissance de » ce qui n'est pas de leur juridiction, que les » officiers de nos armées et de nos finances m n'en auraient de rendre la justice, ou d'é- » tablir des présidens et des conseillers pour » l'exercer.... La postérité pourra-t-elle croire » que les officiers ont prétendu présider au » gouvernement général de notre royaume , w former des conseils et percevoir des im- » pots , s'arroger enfin la plénitude d'une » puissance qui n'est due qu'à nous! »