‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 21 sur 149 · CHAPITRE XVI. l65l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. l65l

* M. le Prince arriva encore pour être témoin de ce désastre. Les troupes royales ,. encouragées par leurs succès, vinrent audacieusement à sa rencontre, le combattirent avec avantage, et le forcèrent à se retirer sur Tonnay-Charente , où , réduit à la défensive, il pouvait à grand'peine empêcher ses soldats de se débander.

Dans les autres parties de la France, la fortune n'avait pas été plus favorable à ses armes. Le comte de Tavanne et le général espagnol don Estevan de G amarre s^étant avancés vers Vitry en Champagne pour y passer la Marne et gagner la Bourgogne par Bar-sur-Seine , le maréchal de La Ferté leur. barra le passage, les contraignit à rebrousser chemin, et les poursuivit jusque sous le canon de Montmédy. Les amis de M. le Prince en Bourgogne et en Berry , sans espoir d^tre secourus , se renfermèrent alors dans leurs places fortes ; mais le brave Arnault mourut peu après dans la citadelle de Dijon qui , ainsi que Bellegarde, ouvrit ses portes au duc d^Épernonj la forteresse d1Hérisson, en Berry,

* f> déeembie.

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fut emportée par le marquis de Saint-Géran , et Montrond, dernière ressource du parti au centre de la France, ne pouvait plus tenir long-temps contre le comte de Palluau.

Ainsi pressé de toutes parts parles troupes royalistes , M. le Prince trouvait des adversaires non moins redoutables dans les compagnies souveraines. En Provence, la noblesse ayant tenté de se réunir, le parlement d'Aix décréta de prise de corps les chefs de rebelles , et appela les milices aux armes. Le parlement de Toulouse enjoignit aux communes du Languedoc de courir sus au général Marsin qui , ayant abandonné la Catalogne, venait joindre M. le Prince avec un corps de cavalerie. Le parlement de Dijon envoya complimenter le duc d^pernon à son entrée dans la Bourgogne, et celui de Rouen était prêt à se déclarer contre le duc de Longueville, sMl tentait quelques efforts en faveur de ses beauxfrères.

Le seul parlement de Paris, conservant encore quelques ménagemens , n'avait poinl enregistré des lettres- patentes publiées à Bourges au mois d1octobre précédent, par lesquelles « les princes de Condé , de Conti ,

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