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» la duchesse de Longueville, les ducs de » Nemours et de La Rochefoucault étaient >» déclarés désobéissans, rebelles et criminels » de lèse-majesté. » Personne cependant dans la compagnie ne justifiait les procédés de 3VI . le Prince; Deslandes-Payen, Machault, Lenet et les autres conseillers de la nouvelle Fronde, condamnaient aussi vivement que leurs confrères son alliance avec l'Espagne et son mépris de l'autorité royale ; ils sollicitaient seulement un délai pour lui laisser le temps de rentrer dans le devoir, et insistaient principalement sur ce point : « Qu'il n'était pas dans » l'intérêt des défenseurs des libertés publi- » ques de détruire le seul obstacle qui pût » efficacement s'opposer au retour du mi- » nistre fautenr de la tyrannie. »
Ces raisons paraissaient d'un grand poids à plusieurs chefs de la compagnie. Le premier président lui-même n'en méconnaissait pas la justesse. Mais quand la flotte espagnole fut entrée dans la rivière de Bordeaux , et que la guerre civile eut éclaté de toutes parts, Mathieu Mole ne se crut pas permis de différer davantage. Il convoqua * les Chambres
* 20 novembre.
etleur iil part d'une nouvellelettre de la Reine , qui pressait l'enregistrement de la déclarai ion contre les rebelles. « Jusqu'à ce jour il avait sursis et différé, dit-il, d'assembler pour ce sujet la compagnie, espérant que , par l'entremise de M. le duc d'Orléans , les affaires ) se pourraient ajuster. Bien loin de cela , M. le Prince ne voulait entendre à aucun accommodement; il faisait alliance avec les Espagnols , et s'emparait des deniers du lloi. Il assiégeait les villes , mais , grâces à Dieu, il ne les prenait pas, ayant été contraint de lever le siège de Cognac. Il n'y avait donc plus lieu de différer à rendre justice au Roi, qui la demandait au Parlement par la bouche de son procureurgénéral. »
Le duc d'Orléans répondit à Mathieu Mole : Que la condamnation d'un prince du sang était une affaire de grande conséquence cl de suites périlleuses ; qu'il ne fallait pas aigrir si fort M. le Prince, dans la crainte que se voyant condamné, le désespoir ne s'emparât de son esprit, et qu'il ne voulût plus entendre à aucun accommodement.
Des avis dignes de foi annonçaient d'ail-
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» leurs que Ton travaillait incessamment au » retour du cardinal Mazarin , lequel on sa- » vait bien être sur nos frontières , et avoir » reçu des passe-ports scellés du Roi. Dans cet » état, il proposait de différer quinze jours » encore , et d'envoyer des personnes de » qualité vers M. le Prince pour savoir sa » dernière résolution. Si , après ce délai , ledit » Prince refusait de s'accommoder, il serait » temps de vérifier la déclaration et de pren- » dre toute autre mesure conforme aux ri- » gueurs de la justice \ »
1 Deux propositions étant ainsi soumises au Parlement, il avait a déterminer sur laquelle des deux on délibérerait d'abord. Les magistrats étaient devenus habiles dans la conduite des discussions ; l'expérience leur enseignait chaque jour la tactique des assemblées délibérantes : aussi cette question de priorité fut-elle longuement et vivement débattue. Les amis de M. le Prince soutenaient qu'il était dans l'ordre de délibérer d'abord sur la proposition du duc d'Orléans, parce qu'elle ne préjugeait rien , et laissait à délibérer plus tard sur celle du premier président, tandis qu'au contraire si celle-ci était mise d'abord en discussion , et qu'elle vînt à être adoptée , il n'y aurait plus lieu à s'occuper ensuite de celle de S. A. R. Les deux partis s'acharnaient sur ce point, et l'issue était douteuse, quand il fut proposé, comme terme de
Les gens du Roi insistant pour obtenir la vérification immédiate des lettres - patentes , la délibération s1ouvrit sur leurs conclusions, et fut continuée pendant dix jours avec une grande solennité. Les conseillers de la nouvelle Fronde répétaient incessamment « que » la véritable raison pour laquelle on pres- >» sait l'enregistrement était le retour pro- » chain du Cardinal , qu'on verrait aussitôt » après entrer en France avec une armée. » Ils ne furent pas écoutés. « Le retour du » Mazarin , répondaient les modérés, était » chose que personne ne pourrait jamais se » persuader, et qu'il était criminel de sup- » poser après tant de sermens jurés par Leurs » Majestés. » Enfin un arrêt, rendu * par cent vingt voix contre soixante , porta que la déclaration du Roi contre les princes de Condé, de Conti , la duchesse de Longueville , les ducs de Nemours et de La Rochefoucault ,
conciliation, de délibérer conjointement et par le même tour d'opinions sur les deux propositions. Cet avis réunit quatre-vingt-dix-huit suffrages ; les amis de M. le Prince , au nombre de soixante-deux , persistèrent à demander la priorité pour M. le duc d'Orléans.
* 4 décembre.