‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 3 sur 149 · CHAPITRE XVI. l65l · texte numérisé non relu

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que la Reine elle-même à défendre l'aulorité royale contre les entreprises des états -généraux.

A la vérité, pour maintenir les magistrats dans son alliance, Anne d'Autriche devait subir encore le joug odieux qu'ils lui avaient imposé. Depuis trois années la marche du gouvernement restait soumise à l'influence de la majorité des Chambres; des discussions publiques décidaient des affaires de finances et d'administration , du renvoi et de la nomination des ministres , de la liberté et de la détention des princes du sang. Les conséquences de la déclaration du 24 octobre 1 648 se dé-

» toute la noblesse, c'est tout l'Etat, c'est La Majesté » même. Sire, les politiques les plus sages tiennent pour » chose constante que, parmi les Français, la conserva- » tion de la royauté dépend du maintien de la noblesse, » et c'est une vérité gravée au cœur de tout vrai gentil- » homme, que la noblesse ne peut être conservée que » dans le maintien de la royauté. »

Ensuite de ce rapport les magistrats accusés furent appelés pour rendre compte de leur conduite, mais ils trouvèrent l'appui du parlement de Paris. Des événemens d'une plus grande importance firent perdre de vue cet incident, et l'on ne trouve pas qu'il y ait été donné aucune suite.

G HISTOIRE DF. LA FRONDlî.

veloppant ainsi chaque jour avec plus d'autorité , avaient introduit en France un nouveau droit politique ; et une grande révolution semblait accomplie dans les formes et dans les principes monarchiques.

Il s'en fallait cependant beaucoup que ces innovations inspirassent un enthousiasme aussi vif et aussi général que par le passé. Trois années de troubles et de malheurs publics avaient trompé les espérances et fatigué le zèle des bons bourgeois. Parmi les chefs des compagnies souveraines, plusieurs des plus considérables , naguère déterminés Frondeurs , découragés maintenant de toute réforme politique , n'attendaient qu'un prétexte pour retourner à leurs paisibles travaux, et pour déposer au pied du trône le fardeau d'un gouvernement dont le poids les accablait. Anne d'Autriche , attentive à ces dispositions, ne désespérait pas de rétablir bientôt l'autorité absolue ; mais , avant de rien contester aux magistrats, elle voulait s'aider de leurs secours contre ses autres ennemis. Elle se résigna donc à ménager encore le parlement de Paris, et , cherchant à éluder la convocation des états -généraux, promise pour le

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