‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 30 sur 149 · CHAPITRE XVII. l65ïi. 5g · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII. l65ïi. 5g

détaehemens de leurs garnisons, qui, avec ses nouvelles levées , formèrent une armée de dix mille hommes. Tous voulaient cependant rester maîtres de leurs places, et, en cas de mauvais succès , Mazarin n'ignorait pas qu'aucun ne lui donnerait asile. Aussi fit-il de grands efforts pour acquérir la possession de la ville et de la citadelle de Brissac , qui lui offrant à tout hasard une retraite sûre , l'eût dispensé de recourir encore à la pitié de l'é-

tranger.

Le comte d'Erlach, gouverneur de Brissac pour le Roi , était mort l'année précédente. Charlevois , son lieutenant, s'était emparé de l'autorité , et prétendait s'y maintenir inde'pendant. Il avait de bons soldats fort attachés à sa personne; la place passait pour inexpugnable , et de nombreux exemples de succès pouvaient encourager son entreprise. Il se laissa néanmoins persuader de recevoir dans Brissac le comte de Tilladet, créature du cardinal Mazarin , et de partager le commandement avec lui. Pour obtenir cette condescendance, le Cardinal avait employé le crédit de la maréchale de Guébriant ' à la-

1 Renée du Bec , fille du marquis de Vardes et d'Hc-

quelle Charlevois témoignait de grands respects , en mémoire des services qu'il avait reçus de feu le maréchal de Guébriant. Informé cependant qu'on cherchait à lui débaucher ses soldats, Charlevois se saisit de la personne deTilladet, et le fit conduire au bas des glacis avec défense , sous peine de la vie, de se représenter devant la place. Sans se décourager de ce mauvais succès, Mazarin recourut de nouveau à la maréchale qui consentit à retourner à Brissac, et qui amena cette fois, parmi les dames de sa suite , une jeune veuve d'une grande beauté et d'une coquetterie habile.

Le vieux soldat reçut encore la maréchale avec confiance, et devint bientôt amoureux de

lène d'O. Son frère épousa la comtesse de Moret, maîtresse d'Henri IV, et en eut le marquis de Vardes , célèbre à la cour de Louis XIV.

Renée du Bec avait eu un premier mari qu'elle accusa d'impuissanee ; le mariage ayant été cassé pour ce motif, elle épousa Jean-Baptiste de Budes , depuis maréchal de Guébriant. Devenue veuve, elle fut nommée ambassadrice en Pologne, honneur qu'une femme n'avait jamais eu. Elle mourut en i65g, désignée dame d'honneur de Marie -Thérèse d'Autriche que Louis XIV allait épouser.

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