‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 36 sur 149 · CHAPITRE XVII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII. l

» sistance au cardinal Mazarin , parce que » les choses justes doivent être souhaitées par » des voies légitimes, et qu'il est contre là » parole du fils de Dieu, de prétendre faire » une bonne action par un moyen défendu. » Enfin les compagnies avaient droit de » résister aux volontés des rois , par remon- » trances , supplications et autres voies d'hon- » neur , mais non par les armes et la vio- » lence. »

Ces principes ayant réuni la majorité, le duc de Nemours qui traversait Paris pour aller en Flandre chercher les troupes auxiliaires, promises par le roi d'Espagne au prince de Condé , fut décrété de prise de corps; et loin de perdre quelque chose de sa fermeté contre la cour, le Parlement ordonna en même temps d'itératives remontrances pour obtenir l'éloignement du cardinal Mazarin ; il écrivit même à toutes les compagnies souveraines et aux principales villes du royaume, pour les engager à s'unir entre elles, à l'effet de résister à la tyrannie.

Les magistrats et les bourgeois, dans la plupart des villes de France, répondirent à cet appel. Il se forma ainsi un tiers parti qui, ap-

puyé par des milices nombreuses et aguerries, entreprit de résister à la fois aux forces de la cour et de la maison de Condé. Seul de tous les grands seigneurs du royaume , le Coadjuteur resta uni à cette confédération. Il ne se dissimulait pas cependant « que l'u- » nion des grandes villes , en l'humeur où » elles étaient, pouvait avoir des suites fà- » cheuses et faisait courir des dangers à la

» monarchie' Beaucoup de gens à cette

» époque voulaient faire de la France une » république et y éteindre l'autorité royale*. » Gondi ne partageait point ces projets : aussi , pour modérer le mouvement des peuples , désirait-il vivement que le duc d'Orléans se mît à la tète du tiers parti. Il l'en pressa plusieurs fois, mais le faible prince s'épouvantait de la hardiesse de ce plan. Réduit à lutter en même temps contre M. le Prince et contre la Reine , Gaston eût rédouté de les voir se raccommoder à ses dépens, et de rester seul et sans défense exposé à leurs ressentimens.

Le Coadjuteur répondait à ces craintes :

1 Mémoires du cardinal de Retz.

1 Mémoires d'Orner Talon.

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