‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 37 sur 149 · CHAPITRE XVII. l65î · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII. l65î

Qu'un parti formé des corps de ville et des compagnies souveraines n'avait à se garantir que de l'excès de ses propres forces. Toute la France, ajoutait-il, soutiendrait Son Altesse Royale , le jour où elle viendrait déclarer au Parlement qu'elle se séparait de la cour et de M. le Prince; que voyant la Reine résolue de rétablir à tout prix le cardinal Mazarin, lui duc d'Orléans avait résolu, de son côté, de s'opposera la tyrannie par toutes les voies que sa naissance lui permettait; qu'il s'offrait à la compagnie pour assurer la manutention de ses arrêts , et prenait dès ce moment l'engagement public de n'avoir jamais aucune intelligence avec les ennemis de l'État , et de n'entendre directement ni indirectement à aucune négociation qui ne fût proposée en plein Parlement, les Chambres assemblées ; qu'il désavouait enfin tout ce que M. le Prince avait fait et faisait encore avec les Espagnols; et ne voulait plus avoir avec son cousin d'autre communication que celle que l'honnêteté requérait à l'égard d'un prince de ce mérite. >') Jamais le duc d'Orléans ne put se résoudre

à cette démarche; vainement le Coadjuteur essaya de lui faire comprendre que le parti le plus honorable était aussi le parti le plus sûr, et que l'état des affaires ne lui laissait pas d'autre moyen de salut. « Que deviendronsnous, » lui disait-il un jour qu'ils se promenaient ensemble dans la grande allée du jardin des Tuileries, « quand M. le Prince sera rac- » commode avec la cour ou passé en Espagne? » quandleParlement donnera des arrêts contre » le Cardinal, et qu'il n'y aura personne pour » les exécuter; quand nous ne pourrons plus » enfin, avec honneur et sûreté, être ni Ma- » zarins ni Frondeurs? — Je serai fils de » France, et vous cardinal archevêque de » Paris, répondit le duc avec un geste d'in- )> souciance. — Vousserezfils deFranceàBlois, » et moi cardinal au bois de Vincennes , » repartit le Coadjuteur comme par un enthousiasme prophétique.

Toutes les instances furent inutiles; Gaston refusa obstinément de se charger d'un rôle pour lequel il manquait en effet de capacité. De son côté, Gondi, fidèle à son ancienne politique, s'unit intimement au Parlement, et acquit bientôt un tel crédit sur les

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