‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 38 sur 149 · CHAPITRE XVII. l652. c · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII. l652. c

délibérations de la compagnie , que M. de Chavigny, chargé de ménager à Paris les intérêts du prince de Condé , lui écrivit en Guvenne : « Qu'il désespérait de rien obtenir » des magistrats, tant qu'il aurait en tête un » aussi redoutable adversaire. »

Il importait à M. le Prince de gagner le Parlement à tout prix : pour donner un champ libre aux négociations de Ghavigny, il imagina donc de faire enlever le Coadjuteur au milieu de Paris , en prenant toutefois les précautions nécessaires pour éviter un assassinat. Tel était alors l'état du royaume1, que cette entreprise ne semblait pas inexécutable. Gourville s'en chargea volontiers, et après avoir reçu ses instructions, il partit de Bordeaux avec trois cents pistoles et un billet par lequel le duc de La Rochefoucault , gouver-

1 « Si quelqu'un lisait ces choses , il ne pourrait jamais » les croire véritables. Ceux qui ont vu l'état où les » affaires étaient alors dans le royaume ne sont plus ; les » jeunes gens, qui n'ont connaissance que du temps où le » Roi a rétabli son autorité , prendraient ceci pour des » rêveries quoique ce soit assurément des vérités très- » constantes. »

Mémoires de Goun>il!c.

neur de Damvillers, ordonnait à l'officier qui y commandait en son absence , de choisir les meilleurs soldats de la garnison pour une expédition secrète et périlleuse.

Gourville s'arrêta à La Rochefoucault où il recruta plusieurs hommes de résolution, qui avaient été ainsi que lui laquais dans la maison du duc et qui s'engagèrent volontiers à suivre leurancien camarade. Trois cents pistoles n'étaient pas cependant un fonds suffisant pour l'entreprise, et avant de passer outre , Gourville chercha les moyens d'y pourvoir. Ayant rencontré dans une maison de la ville un sieur de Machières , receveur des tailles de l'élection d'Angoulême, il le fit parler sur l'état delà caisse et sur l'ordre du service. Machières expliqua sans méfiance qu'il parcourait les bourgs principaux de son ressort, y faisait venir les collecteurs des paroisses du voisinage et y recevait leurs deniers; qu'il allait verser ensuite à Angoulême, lorsque la recette se montait à sept ou huit mille livres.

Ces détails furent soigneusement recueillis, et à quelques jours de là , le receveur étant dans le cabaret d'une bourgade, entouré de ses collecteurs, Gourville, suivi de plusieurs hommes,

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