CHAPITRE XVII. l652. 8i
tenir compte du démenti donné par le prince : u Je commençais à vous dire, Messieurs, con- » tinua-t-il, qu'on veut faire entrer en j» France des troupes espagnoles , et ce mot « nous rappelle à nous-mêmes ce qui est du » devoir de nos charges et l'obligation la » plus sacrée du Parlement. Faire entrer en » France les troupes espagnoles !.... la seule » pensée est un crime de lèse-majesté, qui ne » peut tomber dans aucun esprit français, » encore moins être approuvé par vous. » C'est violer les ordres publics , sous la foi h desquels subsiste la royauté , et sur le fon- » dément desquels tous les sujets du Roi » peuvent espérer la tranquillité publique. » Le droit de faire la paix ou la guerre est )» un droit royal , incommunicable à toutes » sortes de personnes de quelque qualité » qu'elles puissent être. Et afin qu'on ne » puisse, en cette rencontre , reprocher à la » compagnie d'autoriser ce qu'elle n'a ja- » mais souffert , nous requérons que défenses » soient faites à toutes les villes et commu- » nautés du royaume de recevoir les troupes » conduites par M. de Nemours; qu'il soit » enjoint de leur courir sus ; que défenses tome irr. (ï
» soieiit faites à tous gouverneurs, capitaines,
)> gentilshommes , officiers et autres, de favo-
» riser leur entrée, à peine d'être déclarés
» criminels de lèse-majesté. »
La délibération engagée sur ces conclusions durait encore , quand une lettre du Roi
à la compagnie apporta l'avis certain « que
» le duc de Nemours e'tait rentré en Picar-
» die * à la tête d'un corps de troupes espa-
>» gnôles , qui devait être joint et fortifié
» par des recrues faites en divers lieux du
» royaume. Sa Majesté n'avait pu apprendre,
» sans une profonde peine et douleur, qu'on
» se servait du nom de son oncle bien-aimé ,
» le duc d'Orléans , pour faire commande-
» ment aux maires et échevins d'ouvrir leurs
» portes, de donner passage et logement aux-
» dites troupes et de leur prêter assistance.
» Bien plus , on avait réuni les régimens en-
» tretenus sous le titre du duc d'Orléans et
)) du duc de Valois son fils. Le duc de Beau-
» fort marchait à leur tête, fortifié d'autres
» déserteurs des troupes royales , et faisait
j» état de secourir Angers où le duc de Rohan
* i8 février.