CHAPITRE XVII. l
» se livrait aux plus criminelles violences. Sa » Majesté, retenue par ces obstacles sur les » bords de la Loire , ne pouvait garantir son m pauvre peuple du pillage et des maux que » les Espagnols et des Français , ennemis du » bien et du repos de leur patrie, allaient » lui faire éprouver. »
* Quand il eut été donné lecture de cette lettre au Parlement , le duc d'Orléans affirma de nouveau « qu'il n'y avait pas un Espagnol » dans les troupes du duc de Nemours, mais » bien des Allemands , Lorrains et Liégeois ; » gens accoutumes à se louer pour de l'ar- » gent, et qui se mettraient à la solde du Roi, » si Sa Majesté avait pour agréable de les « employer à l'expulsion du cardinal Maza- » rin ; lui , duc d'Orléans , avait mandé » lesdites troupes pour l'exécution des arrêts » de la compagnie ; et ayant été convié par » elle d'employer son autorité pour l'expul- » sion du Cardinal , il avait cru pouvoir » joindre ses propres troupes, commandées » par le duc de Beaufort , à celles de M. le » Prince 'qu'amenait le duc de Nemours,
* 28 février.
1 Le duc d'Orléans n'avait cependant pas alors donné
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» afin de former une armée capable de chas- >» ser du royaume un ennemi public, pros- » crit par les arrêts de toutes les compagnies » souveraines du royaume. »
Sans avoir égard aux réclamations de S. A. R., « le Parlement maintint l'arrêt rendu » contre le sieur de llohan* , et donna » Tordre aux communes de courir sus aux » troupes étrangères entrées en France » sous la conduite du duc de Nemours : con- » firmant néanmoins , et renouvelant au
au duc de Beaufort l'ordre de se joindre au duc de Nemours, et il hésitait encore après avoir fait cette déclaration. Le Coadjuteur, qui conservait des habitudes familières avec Gaston, bien qu'ils fussent alors engagés dans des intérêts contraires , s'étonnait qu'il craignît de se compromettre vis -a -vis de la Reine , après le langage qu'il tenait depuis deux mois. « Si vous étiez » né fils de France ou infant d'Espagne , lui répondit le » duc, vous ne parleriez pas comme vous faites. Sachez » que nous autres princes nous comptons pour rien nos » paroles. La Reine ne se souviendrait pas demain à » midi de mes déclamations contre le Cardinal si je le » voulais souffrir demain matin ; mais si mes troupes ti- >• rent un coup de mousquet , elle ne me le pardonnera » jamais. »
* 1" mars.