‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 43 sur 149 · CHAPITRE XVII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII. l

par le duc de Beaufort qui commandait les troupes du duc d'Orléans , tous deux se portèrent rapidement vers Angers ; mais avant leur arrivée, le duc de Rohan avait capitulé et rendu la ville et le château aux troupes royales *.

Après une semaine passée à Angers , la cour en partit pour Tours , d'où elle se rendit à Blois. Toutes les places de la Loire jusqu'à Orléans avaient ouvert leurs portes, et cette dernière ville semblait également disposée à recevoir le Roi. Une vive inquiétude se répandit alors dans Paris. Orléans était le chef-lieu de l'apanage de Gaston , et son autorité ne pouvait y être méconnue sans une grande diminution de son crédit dans le royaume.

Quelques-uns lui conseillaient de s'y transporter de sa personne ; mais il n'aimait pas les hasards : sa présence était d'ailleurs nécessaire à Paris, et aucun de ses serviteurs n'ayant le poids nécessaire pour le remplacer, il se décida à envoyer sa fille à Orléans , et il la chargea de ses ordres pour le corps de ville et les magistrats.

AnnerMarie de Bourbon , duchesse de Mont-

1er mars.

pensier, connue à la cour sous le nom de Mademoiselle, avait recueilli une immense fortune du chef de sa mère , première femme du duc d'Orléans, héritière de la branche de Bourbon-Montpensier. Ses biens, dont la valeur s'élevait à plus de vingt millions', lui donnaient une grande importance dans l'État, et son caractère la disposait à se charger volontiers d'un rôle dans les affaires. Ne comprenant guère d'autre politique que celle des intérêts de sa maison, elle confondait l'orgueil de la naissance avec le sentiment des devoirs , et croyait de bonne foi légitime ce qui était utile à sa grandeur personnelle. Agée alors de plus de vingt-cinq ans , elle reprochait au peu de zèle de la cour le mauvais succès des nombreuses négociations entreprises pour son établissement. Mademoiselle nourrissait dans son cœur une préférence pour le prince de Condé qu'elle avait d'abord haï sans sujet, et elle avoue dans ses Mémoires qu'elle eût fort souhaité de l'épouser, s'il fût devenu veuf, comme on put le croire un peu avant la majorité du Roi : la santé de la princesse de

1 Le marc d'argent à vingt-six livres.

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