‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 51 sur 149 · chapitre xvir. — i65a. io · texte numérisé non relu

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suivait de près. Le jeune Marsillac, fils du duc de La Rochefoucault, à peine hors de l'enfance , combattant pour la première fois , s'élança quinze pas en avant des siens, et tua de deux coups d'épée un officier ennemi qui avait osé s'avancer hors de son rang. Le duc de Nemours, blessé, fut emporté par ses amis.

Cependant quarante maîtres encore avaient passé le défilé. M. le Prince les forma sur-lechamp, se mit à leur tête avec La Rochefoucault, et chargea d'Hocquincourt en flanc, pendant que le duc de Beaufort le chargeait de front avec le premier escadron. Une victoire complète suivit ce mouvement. L'infanterie royale se dispersa dans la plaine ; la cavalerie se sauva vers Auxerre. M. le Prince la poursuivit quatre lieues dans cette direction , puis revint sur M. de Turenne , qui désormais pouvait seul l'empêcher d'entrer dans Gien , et de finir la guerre en s'emparant de la personne du Roi.

La frayeur fut extrême à la cour , lorsque les nouvelles du désastre de la nuit y arrivèrent. Le soleil qui éclairait la campagne faisait voir, des fenêtres du château de Gien, la'plaine couverte de soldats en fuite. Après la dé-

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route du maréchal cTHocquincourt, il ne restait pas à M. de Turenne plus de quatre mille hommes, et le prince de Condé allait revenir sur lui avec des troupes victorieuses trois fois plus nombreuses. On proposait à la Heine de rompre le pont de Gien , et d'emmener le Roi à Bourges avec ce qu'on aurait pu sauver des débris de l'armée. Le Cardinal inclinait pour cet avis. Anne d'Autriche était à sa toilette , et ne témoignait aucun effroi. Sans discontinuer de boucler ses cheveux , elle envoya demander conseil à M. de Turenne. Celui-ci , entouré de ses officiers, répondit froidement « que le Roi pouvait demeurer a Gien sans rien craindre. »

Le danger paraissait cependant imminent aux militaires les plus intrépides ' ; plusieurs représentèrent à Turenne que sa hardiesse

1 M. de Turenne ne méconnaissait pas ce danger : rappelant, depuis, cette circonstance de sa vie, il disait : « Ja- » mais il ne s'est présenté tant de choses affreuses à l'ima- » gination d'un homme qu'il s'en présentaà la mienne. Il » n'y avait paslong-temps que j'étais raccommodé avec la » cour , et qu'on m'avait donné le commandement de » l'armée qui en devait faire la sûreté. Pour peu qu'on » ait de considération et de mérite, on a des ennemis et

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