‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 56 sur 149 · CHAPITRE XVIII. l652. Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. l652. Il

amis. Ils voulaient cependant conserver quelques formes de respect pour l'autorité royale , et maintenir dans la ville Tordre légal et régulier; le bas peuple, au contraire, ne cherchait dans les troubles qu'une occasion de pillage et de violence. Chaque soir une troupe de séditieux se rassemblait dans un lieu planté de grands ormes, auprès du château du Ha; ils délibéraient avec une sorte de régularité , prenaient des arrêtés , nommaient des commissaires pour les faire exécuter. On appela ces assemblées le parlement de TOrmée, à cause des arbres sous lesquels elles se réunis-

• navant administrées par des personnes de probité choi- » sies entre ceux que les Parlemens proposeront au Roi » à cet effet ; et que l'usage des comptans sera réduit à » une somme raisonnable.

» Art. 21. Que la déclaration du mois d'octobre i648 » sera ponctuellement exécutée en tous ses points et selon » sa forme et teneur.

» Art. 26. Et attendu que les contributions du peuple » sont de leur nature et origine une concession volon- » taire plutôt qu'une dette d'obligation , s'il est perçu » quelques deniers sous quelque titre , forme et nom que « ce soit, autrement qu'en vertu d'ordonnances duement » vérifiées , cette action sera tenue pour crime capital » d'offense publique, et punie du dernier supplice. » tome ni. 8

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saient. Les Or mis tes portaient partout la terreur, et leur chef, nommé Lorteste, boucher de profession, rassemblait quelquefois sous son drapeau quarante mille personnes de tout âge et de toutes conditions.

La princesse de Condé , dirigée par l'habile et sage Lenet , employait , pour soutenir les magistrats, l'autorité qu'elle s'était acquise par son ineffable bonté et son brillant courage ; mais le prince de Conti , la duchesse de Longueville et la plupart des seigneurs du parti, ne rougissaient pas de se servir des Ormistes pour triompher de la résistance qu'opposait à leurs desseins la modération du Parlement; et des arrêts d'exil, des proscriptions arbitraires frappaient chaque jour les citoyens les plus recommandables.

Des intrigues frivoles vinrent encore envenimer les dissensions politiques , et ajoutèrent à la confusion qui régnait dans la ville. Le duc de La Rochefoucault prit ombrage des soins que le duc de Nemours rendait à la duchesse de Longueville, et il ne paraît pas que ce fût sans sujet. Par un dérèglement d'esprit honteux et bizarre , le prince de Conti se montra plus jaloux encore que le duc de La

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