‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 57 sur 149 · CHAPITRE XV III. l65'2. 11 J · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV III. l65'2. 11 J

llochefoucault , « et rompit ouvertement avec i» sa sœur , sur des prétextes que l'honneur et » l'intérêt du sang lui devaient faire cacher1. » Sans cesse importuné de ces misérables querelles , M. le Prince rougissait devoir à les concilier , et s'il cherchait dans les soins de la guerre une distraction digne de lui , il y rencontrait d'autres humiliations. Son armée , composée de gentilshommes indociles , de valets et de paysans, luttait mal contre les vieilles troupes du comte d'Harcourt , et compromettait chaque jour, faute de discipline , le succès des plus habiles manœuvres.

Après le mauvais succès des sièges de Cognac et de La Rochelle2, M. le Prince , laissant au duc de La Tremoille le commandement d'une partie de ses troupes, s'était rapproché de Bordeaux avec le reste de son armée. Le comte d'Harcourt le suivit de près, l'atteignit à Saint-André-de-Cuzac sur la Dordogne et le rejeta derrière le fleuve, dans le pays dit Entredeux-Mers. Barbezieux , Saintes , Taillebourg et d'autres places de la Saintonge et de l'An-

' Mémoires de La Rochefoucault.

* Voir la page fo de ee volume.

Il6 HISTOIRE DE LA FRONDE.

goumois ouvrirent alors leurs portes à l'armée royale.

* Pour réparer ces pertes et se créer de nouvelles ressources, M. le Prince déploya une merveilleuse activité; abandonnant le soin de son armée au général Marsin, militaire plus expérimenté que le duc de La Tremoille , il partit de sa personne et arriva , lui douzième, à Périgueux , où le marquis de Bourdeilles , sénéchal duPérigord, lui avait promis de convoquer le ban et l'arrière-ban de la noblesse. A la vérité le marquis avait aussi promis à la Reine ' d'arrêter M. le Prince dans Périgueux, mais au momment décisif, manquant également de résolution pour servir ses amis et pour les trahir, il s'évada secrètement et fut s'enfermer dans son château de Bourdeilles , d'où il ne voulut plus sortir tant que dura la

* 25 janvier.

1 La Reine offrait encore au marquis de Bourdeilles le titre de gouverneur au lieu de celui de sénéchal du Périgord, qui imposait quelque subordination à l'égard du gouverneur de Guyenne; plus deux régimens qui porteraient son nom , seraient commandés par des officiers choisis et nommés par lui; elle l'autorisait à retenir la solde de ces troupes sur les tailles de la province , et lui

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