CHAPITRE XVIII. l652. II
guerre. Trop faible alors pour résister au comte d'Harcourt qui s'approchait, M. le Prince sortit * aussi de Périgueux, et se jeta dans Bergerac qu'il mit en état de défense.
Informé peu après que le marquis de Saint- Luc, gouverneur de Montauban, s'avançait avec dix régimens pour joindrele comte d'Harcourt , M. le Prince se porta rapidement en Quercy, et, ramassant quelques troupes en chemin , il tomba à l'improviste sur le marquis de Saint-Luc, qui, surpris et mis en déroute, se sauva avec sa cavalerie dans Montauban pendant que son infanterie se retranchait dans Miradoux, petite ville près de Lectoure. M. le Prince s'avança jusqu'aux portes de Montauban, dans l'espoir que les habitans se déclareraient en sa faveur; n'ayant pu les y déterminer, il revint devant Miradoux dont
allouait 4o, 800 livres pour les frais de la levée, à savoir : 1 0,800 livres pour le régiment d'infanterie de douze compagnies de soixante-dix hommes chaque ; et 3o,ooo livres pour le régiment de cavalerie de quatre compagnies. Ces avantages étaient les plus considérahles que pût souhaiter un gentilhomme , et ils lui assuraient une existence aussi indépendante qu'au temps de la féodalité. * 20 février.
Il8 HISTOIRE DE LA FRONDE.
il pressa le siège avec une armée moins forte que la garnison. 11 allait cependant s'en rendre maître, quand le comte d'Harcourt arriva avec dix mille hommes au secours de la place \ M. le Prince, réduit à lever le siège , passa la Garonne et fit sa retraite sur Agen ; mais à son approche, les bourgeois prirent les armes et formèrent des barricades. On tenta inutilement de les forcer ; il fallut recourir aux voies de négociation, et le duc de La Rochefoucault obtint à grand'peine, par son crédit personnel , que les olïiciers-généraux seraient Wés dans la ville : les soldats restèrent dans les faubourgs et les villages environans
L'obligation de traiter ainsi de puissance à puissance avec des maires et des échevins, était insupportable au prince de Condé. Ce fut alors qu'à bout de sa patience, il prit la résolution de revenir à Paris. Il laissa le commandement des armées au général Marsin, militaire plus expérimenté que tous ses autres amis , confia à Lenet le soin plus difficile encore de ménager les différentes factions qui divisaient la Guyenne , et de rétablir la
* i4 mars.