‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 60 sur 149 · CHAPITRE XVIII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. l

* M. le Prince remonta la rive droite de la Loire et s'arrêta le jour de Pàque à Cosne , petite ville distante de Gien seulement de six lieues. Informé alors de la position de l'armée royale , il comprit qu'il ne pouvait suivre plus long-temps cette direction sans s'exposer à tomber dans des partis ennemis , et il s'éloigna promptement du fleuve. Au milieu de la nuit , il arriva à Châtillon-sur-Loing , et s'introduisit dans le parc par une porte de derrière. Pendant ce temps , un courrier de la cour, ayant reconnu Guitaut près de La Charité , était revenu sur ses pas pour avertir le cardinal Mazarin. Celui-ci soupçonna sur-le-champ que Guitaut pouvait n'être pas seul , et fit battre la campagne par de nombreux partis. Déjà des soldats du maréchal d'Hocquincourt étaient entrés à Chàtillon , quand M. le Prince en partit pour joindre son armée qui marchait vers Montargis , et dont il rencontra les avantpostes vers Lorris , à la sortie de la forêt d'Orléans.

La présence de M. le Prince remplit ses soldats de confiance et d'ardeur ; ils continuèrent

* i«r avril.

à marcher surMontargis, et emportèrent cette place d'emblée; puis, sans prendre un moment de repos , M. le Prince les conduisit à Blesneau par Château-Renard , et attaqua le maréchal d'Hocquincourt * avec le succès que nous avons vu.

Après la victoire de Blesneau , M. le Prince avait à prendre une résolution difficile. Resterait-il à la tête de ses troupes pour pousser ses avantages , ou continuerait-il sa route vers Paris ? Plusieurs de ses amis insistaient pour qu'il ne quittât pas Tannée. « Sa présence, » lui disaient-ils, était le gage et la condition » de la victoire; M. deTurenne, malgré l'in- » fériorité de ses forces, reprendrait bientôt » l'offensive et ramènerait la fortune , s'il n'a- » vait en tête que des chefs incapables et di- » visés entre eux. » M. de Chavigny soutenait au contraire « que des succès militaires seraient m désormais de peu d'effet , et qu'il importait » bien davantage de s'assurer de la capitale » et de triompher de la résistance des com- » pagnies souveraines. »

Déterminé par ces motifs, le prince de Condé

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