‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 68 sur 149 · chapitre xvni. — i65a. i · texte numérisé non relu

chapitre xvni. — i65a. i

» comme il a déjà fait toute la France; nous » ne pouvons l'imputer qu'aux artifices du m cardinal Mazarin, parce qu'il est homme )) sans foi , et veut établir la fourberie par » des maximes abominables qui vont à la » destruction des monarchies en rompant » tous les liens de la société civile.

» Le cardinal Mazarin a bien osé dire que » la. bonne foi ne doit être en usage que parmi » les marchands.... Que l'honnête homme n'est » point esclave de sa parole.... Qu'il n'y a » point de danger de mentir, pourvu que le » mensonge ne soit connu qu'après qu'il a » réussi.... Et déjà nous avons vu l'effet de ces » damnables leçons quand il a fait écrire à » Votre Majesté que votre intention était de » maintenir les déclarations rendues contre » lui au moment même où il rentrait dans le » royaume en vertu d'autres lettres obtenues » de Votre Majesté. Nous osons le dire , Sire, » jamais une plaie si mortelle n'avait été faite » à la dignité royale.... Et l'auteur de cet at- » tentât porte la qualité de surintendant de » l'éducation de Votre Majesté!

» Eloignez de vous , Sire , cet esprit perni- » cieux qui mesure la durée de l'empire à

» celle de son crédit ; qui s'efforce de persua- » der à Votre Majesté que les plaintes contre m l'insolence de sa fortune sont des conspira- » tions contre l'État : selon la pratique cora- » mune à tous les favoris , de faire croire aux » rois qu'on offense leur personne lorsqu'on » attaque leurs ministres !

» Sire, il est nécessaire que Votre Majesté » reconnaisse bien le véritable état de la mo- » narchie de France. On ne doit proposer à » Votre Majesté que les exemples des bons et » sages rois, comme celui de Henri-le-Grand » votre aïeul , lequel étant pressé de faire » vérifier dans son Parlement un édit nou- » veau, et ayant appris par la bouche de » M. de Harlay, premier président , que ce » qu'il désirait ne pouvait se faire qu'en em- » ployant la puissance absolue , répondit par » ces paroles dignes d'un prince juste et cléi> ment : A Dieu ne plaise que je me serve » jamais de cette puissance absolue qui se dé- » truit en la voulant établir, et à laquelle je » sais que les peuples donnent un mauvais » nom ' . »

* On rappelle ensuite, dans ces remontrances, tous les

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