‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 72 sur 149 · CHAPITRE XVIII. — l65ïï. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. — l65ïï. l

aucune autre assemblée publique. Ses intrigues secrètes n'en étaient cependant ni moins actives ni moins efficaces. Toujours en liaison intime avec les chefs des compagnies souveraines , et tout-puissant sur les colonels de la garde bourgeoise , le nouveau cardinal de Retz , renfermé dans l1 archevêché , déjouait à la fois les desseins de la cour et ceux des Princes , et maintenait dans Paris son ancienne popularité comme son ancienne politique.

Irrité chaque jour par des obstacles et des contrariétés de tous les genres , ce n'était pas sans de pénibles efforts que M. le Prince avait contenu si long-temps l'impétuosité de son caractère. La patience lui échappa quand sa situation devint désespérée. Cédant alors à de détestables conseils , il résolut de soulever la populace contre les magistrats et les bourgeois , et d'e'tablir son autorité dans Paris par les moyens qui avaient affermi dans Bordeaux

soupçonnant quelque chose, fit demander une audience au Pape avant l'heure marquée pour le consistoire. Le Pape l'accorda sans difficulté ; mais , pendant la nuit , il fit convoquer en secret les cardinaux , et quand le bailli de Valançay se présenta de grand matin au Vatican , il apprit que le cardinal de Retz venait d'être proclamé. tome m. 10

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celle du prince de Conti et de la duchesse de Longueville. De tels expédiens ne répugnaient pas au duc d'Orléans ; le duc de Beaufort s'offrait comme un instrument favorable, et bien que le duc de La Rochefoucault et d'autres amis de M. le Prince nous paraissent incapables d1avoir trempé dans ces méprisables et criminels complots, la vérité historique oblige de reconnaître que les grands seigneurs de ce temps ne se faisaient pas plus de scrupule des émeutes populaires que des alliances avec L'étranger.

Les plus odieuses pratiques furent donc mises en œuvre dans Paris. Les artisans , que la cessation de tout commerce laissait sans travail , recevaient chaque jour des distributions de vin et d'argent, et des libelles incendiaires les appelaient au meurtre et au pillage. On lit ces horribles paroles dans un des écrits qui eut alors le plus de cours : « Lâchons hardiment la bride; faisons car- » nage sans respecter ni les grands ni les » petits, ni les jeunes ni les vieux, ni les » mâles ni les femelles. Sortons de nos gîtes, » de nos tanières, quittons nos foyers. Fai- « sons voltiger nos vieux drapeaux. Battons

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