‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 73 sur 149 · CHAPITRE XVIII. l65'2. \hf · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. l65'2. \hf

» nos caisses. Alarmons tous les quartiers ; » tendons nos chaînes. Renouvelons les Bar- » ricades. Mettons nos épées au vent , tuons , » saccageons , brisons , sacrifions à notre juste » vengeance tout ce qui ne se croisera pas » pour le véritable parti du Roi et de la li- » berté '. »

Des seigneurs déguisés se mêlaient à la populace, et désignaient à sa fureur ceux des magistrats dont l'énergie opposait le plus d'obstacle à leurs desseins. Le duc d'Orléans lui-même ne marchait plus dans les rues qu'avec une hideuse escorte de quatre ou cinq mille bandits, et les femmes les plus qualifiées du parti le saluaient à son passage en vociférant des injures obscènes contre Mazarin et ses adhérens \ Les bons bourgeois conservèrent cependant pour leurs magistrats une respectueuse obéissance. Le prévôt des marchands Le Fèvre, les échevins Le Vieux et Guillois parcouraient les rues et les places publiques, imposaient à la canaille, et faisaient rougir les grands fle leurs indignes ma-

1 Voir les pièces justificatives.

2 Voir la note de la page 255 du second volume.

i 4^ HISTOIRE DE LA FKONDE.

ii œuvres : ces respectables citoyens furent choisis par le parti pour premières victimes.

Des inquiétudes sur les subsistances (moyen toujours certain d'émouvoir le peuple d'une grande ville) furent propagées avec art. Des placards affichés au coin des rues accusèrent la cour de vouloir aiFamer Paris , et le prévôt des marchands d'être complice de ce dessein. « Le peuple était averti que deux bateaux » chargés de grains , et destinés à l'appro- » visionnement des halles , venaient d'être » éloignés du port et conduits à Saint-Ger- » main au moment où les boulangers se pré- » sentaient pour acheter leur chargement, n

Pour qu'on ne pût l'accuser d'indifférence en pareille matière, le Parlement ordonna que Broussel et un autre conseiller se transporteraient sur le port avec commission de vérifier les faits. Cette mesure fut interprétée comme une confirmation du danger; les bourgeois se portèrent en foule chez les boulangers qui , craignant le pillage , se barricadèrent dans leurs maisons. Jamais cependant les ports et les marchés n'avaient été mieux approvisionnés. Le prévôt des marchands vint en donner l'assurance au Parle-

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