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CHAPITRE XVIII. l

suite à la tête de ce qu'il avait de soldats et de gentilshommes, M. le Prince marcha sur Saint-Denis qui n'était défendu que par un bataillon suisse.

Au bruit des premières décharges, les gens de Peny se débandèrent honteusement. Ils ne reprirent courage que lorsque leur avantgarde eut enfoncé les portes de Saint-Denis ; ils accoururent alors pour piller les maisons des habitans , et il fut plus difficile de leur faire lâcher prise , qu'il ne l'avait été de chasser la garnison.

La présence de ces misérables sous les drapeaux du prince de Condé eut cependant pour lui cet avantage , que la ville de Paris sembla déclarée en sa faveur. Les magistrats, voulant détruire ces apparences, proposèrent * « de députer vers Sa Majesté pour l'assurer » que les bourgeois n'avaient participé en rien » à la prise de Saint-Denis, et qu'il ne s'y était » trouvé que des volontaires et gens de la lie du » peuple. » Le Parlement délibérait encore sur ce sujet, quand Peny, suivi d'un grand nombre de factieux en armes , arriva dans la cour du

12 mai.

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Palais, força la garde, enfonça les portes de la grand1Chambre , et contraignit les magistrats à se disperser. Plusieurs n'échappèrent pas aux insultes et aux voies de fait; le président Bailleul et quatre conseillers qu'il menait dans son carrosse, furent particulièrement maltraités.

Tous les présidens à mortier se réunirent alors dans la maison du plus ancien d'entre eux, et députèrent MM. de Nesmond et Le Coigneux vers le duc d'Orléans, pour lui représenter « que de tels désordres allaient in- » failliblement causer la ruine de l'Etat, et ne » menaçaient pas moins la sûreté que l'hon- » neur de Son Altesse; car si la populace per- » dait tout respect pour les magistrats, elle » n'en conserverait pas long-temps pour les » princes du sang. » Gaston accueillit gracieusement les députés , et promit de donner réponse et satisfaction à la compagnie. Le lendemain il se rendit en effet au Parlement , et y prononça une éloquente harangue, dans laquelle « il peignit de vives couleurs les de- » sastres auxquels la ville était en proie, Tin- » solence de la multitude, les dangers que cou- » rait la compagnie, et l'impuissance de ses

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