chapitre xix. — i652. 18g
Mancini à peine âgé de dix-sept ans , neveu du cardinal Mazarin et l'espoir de sa famille. Tavanne ne put résister à l'impétuosité de leur attaque ; le retranchement et la barricade de la rue de Charonne furent emportés en un instant. Les mousquetaires de M. le Prince tinreut ferme cependant dans les maisons des deux côtés de la rue, et les gardes françaises y étant entrées pour les en déloger, on se battait à chaque étage , dans chaque chambre. Saint-Maigrin , ne contenant plus son impatience, s'élance à la tête des gendarmes et des chevau - légers , balaye tout sur son passage , et parvient jusqu'au marché peu éloigné de la porte de la ville devant laquelle M. le Prince avait pris poste avec sa réserve. L'intrépide escadron s'ébranlant , alors le choc fut terrible; Saint-Maigrin, Rambouillet et Mancini tombèrent aux pieds de M. le Prince, tous trois frappés mortellement. Les gendarmes et chevau-légers rompus prirent la fuite , les gardes françaises abandonnées sortirent précipitamment des maisons , et les mousquetaires de M. le Prince, tirant sur eux par les fenêtres, en firent un grand carnage : cette division dé l'armée royale ,
ramenée jusqu'au retranchement à l'extrémité du faubourg et presque entièrement détruite, ne put renouveler ses attaques pendant la journée. Le duc de Nemours repoussa aussi par une charge brillante la cavalerie de M. de Navailles qui s'était imprudemment engagée dans la rue de Charenton , sans attendre son infanterie; mais c'était au centre de la bataille que se portaient les plus grands coups.
M. de Turenne , après avoir mis en mouvement les corps de Saint-Maigrin et de Navailles , s'avança lui-même avec autant de résolution et plus de sang-froid qu'aucun brave des deux armées. Marchant en ordre, renversant tout ce qui se trouvait à sa rencontre , il parvint à la barricade en face de l'abbaye Saint- Antoine , et s'en empara malgré la résistance de MM. de Vallon et de Clinchamp qui furent blessés et mis hors de combat. Sur cette nouvelle M. le Prince, victorieux à l'aile gauche , revint avec ses intrépides compagnons , chargea M. de Turenne sans pouvoir l'enfoncer, mais le contraignit à reculer et reprit la barricade. A peine l'avait - il réparée , que Turenne ramena ses gens à l'at-