‹ Histoire de la FrondeChapitre 101 sur 155 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

h de villes et commandans de troupes, de ne » point mettre d'obstacles à la liberté du )) commerce , à peine d'en répondre en leur » propre et privé nom ; que le bourgeois se » tiendrait en armes pour la sûreté publique ; » et que le lendemain, toute affaire cessante, » il serait délibéré sur l'arrêt de 1617 '. »

Des résolutions si énergiques ne furent pas prises cependant d'un consentement unanime. Au moment décisif, les hommes timides s'absentèrent. Sur cent cinquante-huit magistrats présens % soixante-sept furent d'avis de sesoumettre , plutôt que d'exposer Paris à la ruine et à la désolation. Soixante-onze ayant montré plus de courage , l'arrêt rendu fut imprimé et publié par la ville, et les bourgeois , prenan t aussitôt les armes, se montrèrent prêts aie soutenir.

Quand les dispositions du Parlement et du peuple de Paris furent connues à la cour, les projets violens de la Reine y rencontrèrent de erands obstacles. Plusieurs des articles de la chambre de Saint - Louis , notamment « celui de la sûreté publique , n'étaient pas

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' Le nombre total était de deux cents.

n moins agréables à la noblesse qiiVi tout le » reste de la France.... L"*amour de la libertéy » si fortement empreint par la nature, inté— » ressait tous les cœurs à l'entreprise du Parti lement Beaucoup parmi les courtisans

)» qui blâmaient tout haut sa hardiesse , Tai- » maient cependant en secret, et ne pou- M valent s'empêcher de souhaiter qu'elle eût M un succès favorable '. » Le prince de Condé lui-même repoussait faiblement des garanties contre les excès du pouvoir arbitraire. A la vérité , il conservait de son éducation un profond respect pour l'autorité royale, et ses habitudes, toutes militaires , le disposaient à un grand mépris pour les gens de robe ; mais il détestait aussi le despotisme du ministre favori , et les jeunes seigneurs admis à sa familiarité lui représentaient incessamment qu'il travaillait à sa propre ruine en détruisant le Parlement, seul obstacle à la toutepuissance de Mazarin.

Également touché de ces intérêts contraires, et trop nouvellement arrivé à la cour pour avoir encore fixé sa politique , M. le

• Mémoires de madame de Motteville.

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