‹ Histoire de la FrondeChapitre 102 sur 155 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Prince se montra moins décisif qu'on ne Pavait attendu d'un homme de son caractère. Quand la Reine exposa dans son conseil que le moment était venu de soumettre les rebelles par la force des armes, ou d'accepter leurs propositions qu'elle qualifiait d^assassinats contre V autorité royale^ M. le Prince protesta vaguement de son zèle , ajoutant « qu'il ne pouvait cependant promettre de I) s'emparer d'une ville telle que Paris, avecles » quatre mille hommes du comte d'Erlach '. Il w prévoyait d'ailleurs que la guerre civile ve- » nant à éclater, la signature du traité de paix, » au moment d'être conclu à Munster, serait » encore retardée , et que l'Etat pourrait » perdre le fruit de tant de victoires. Pour » ces motifs, une conciliation lui paraissait » préférable , et il s'emploierait volontiers à M la procurer, si la Reine le lui commandait. » Il n'appartenait à personne dans le conseil de se montrer plus hardi que M. le Prince; le comte de Brienne % opinant à son tour, « re-

• Voir la page 242.

' Henri de Loménie ,' comte de Brienne, secrétaire d'Etat, mort en 1666, à l'âge de soixante-onze ans. Il a laissé des Mémoires sur les affaires de son temps. Son

» connut que les articles de la chambre de » Saint -Louis étaient en effet très-préjudi- » ciables à Faulorité royale ; qu^il vaudrait » mieux sacrifier une partie du royaume, » que de les accepter pour toujours. La Reine » devait cependant se soumettre à la néces- » site, accorder ce qui lui était demandé, » mais avec Tintention de le reprendre au » plutôt , et de poursuivre par tous les moyens » le rétablissemeait de Tautorité pleine et » entière. »

Cette politique, souvent à Tusage des cabinets , quoique rarement avouée avec tant de naïveté, fut fort approuvée du cardinal Mazarin. Il insista sur l'imprudence de commencer la guerre avant d'avoir réuni les moyens de la soutenir, et n'épargna rien pour décider la Reine à accepter l'offre que lui faisait le prince de Condé , de s'interposer entre elle et le Parlement , pour obtenir des conditions plus favorables à l'autorité royale. Une négociation ainsi entamée promettait au rusé ministre de grands avantages. Il prépère, leseigneur de la Ville-aux-Clercs , avait été fort employé sous Henri IV.

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