CHAPITRE VI
La nouvelle du départ du Roi se répandit dans Paris dès cinq heures du matin, et y causa une forte émotion. Les bourgeois ne témoignèrent cependant ni effroi ni découragement. Sans attendre les ordres des colonels de quartiers , ils prirent les armes , s^emparèrent des portes et y firent bonne garde. Quelques domestiques de la Reine et d^autres personnes attachées à la cour, voulant Taller joindre à Saint-Germain, furent maltraitées et leurs voitures pillées par la populace. Ces désordres cessèrent quand des corpsde-garde réguliers eurent été placés par les soins du prévôt des marchands. Pendant ce temps, les présidens et conseillers du Parlement arrivaient en grande hâte au Palais où, ayant appris qu'une lettre du Roi venait d'être remise à FHôtel-de- Ville , ils mandèrent le premier échevin pour qu'il en donnât communication à la compagnie.
La Reine recommandait au prévôt des marchands et échevins de la ville de Paris ^ le maintien de l'ordre et de la tranquillité publique, et ajoutait : «Que le Roi s'était » déterminé, avec un très-sensible déplaisir, à )) quitter sa bonne ville , pour ne pas demeu-