‹ Histoire de la FrondeChapitre 13 sur 155 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

frère , obligeaient à des ménagemens : il n'était pas d'ailleurs sans danger de laisser à Sedan un ennemi toujours prêt à introduire les Espagnols au cœur du royaume : enfin , en donnant ce général à Farmée d'Italie, Richelieu se promettait bien de faire avec soin surveiller ses démarches.

Le duc de Bouillon , fort empressé de s'accommoder avec le Roi , parce que la vicomte de Turenne et les autres biens de sa famille étaient en France, se souciait du reste assez peu de commander en Italie. Il se rendit a Saint-Germain , disposé à refuser cet emploi. Ce fut alors que M. de Thou, son parent et son ami, lui représenta qu'il serait utile et honorable de défendre les droits de la Reine, et de ne pas souffrir que la régence fût usurpée par un ministre qui s'en servirait pour achever la ruine de tous les grands du royaume. Le duc se montrant touché de ces considérations , de Thou s'ouvrit davantage, et après lui avoir fait jurer un inviolable secret, il lui demanda nettement , au nom de la Reine , « 1° de s'attacher à elle ; 2" d'accepter le com- » mandement qu'on lui offrait, afin que, le )) Roi venant à mourir , il y eût à la tête de

» rarmée dltalie un général dont elle fût » sûre ; 3" de lui accorder une retraite dans la w ville de Sedan pour elle et pour ses deux » fils. »

Le duc promit de se conformer de tout point aux volontés de la Reine ; « il accep- » terait le commandement de Farmée d'I- )» talie dans Tespoir de la mieux servir; et M si jamais Sa Majesté était réduite à l'extré-!- » mité de quitter la France, elle et ses enfans M seraient reçus dans Sedan , et disposeraient j» de cette place comme si elle leur appar- » tenait. »

Deux jours après cette réponse , Anne d'Aur triche , rencontrant le duc de Bouillon dans la galerie de Saint-Germain , lui fit des remerciemens à voix basse , mais ne s'*arrêta cju^un moment , dans la crainte qu^un plus long entretien ne donnât des soupçons au Cardinal. Habitué dès long-temps à vivre haï de tous, et à déjouer des complots , Richelieu entourait ses ennemis d^agens affidés qui lui rapportaient leurs moindres démarches ; mais la prudence et Padresse de M. de Thou trompèrent plus d'une fois cette surveillance. Il prenait le duc de Bouillon dans son carrossp ,

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