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provinces , ou simplement à des sommes d''argent. Entre ces derniers, le duc d'Elbeuf se montraitle plus insatiable. En arrivant à Paris, il prit dans les coffres de la ville quarante mille écus , sous prétexte de lever des troupes , et ne fournit ni un homme ni un cheval.
D^autres ambitions moins vulgaires pouvaient devenir plus fatales à la monarchie : celle du duc de Bouillon la menaçait surtout de grands dangers. Vrai représentant de Tancienne France féodale , son patriotisme se concentrait dans Pintérêt de sa maison. Pour reconquérir Sedan qu^on lui retenait injustement, il eût, sans scrupule, livré la France aux Espagnols , Paris à Panarchie populaire. La magistrature et la bourgeoisie lui inspiraient un grand dégoût , et dans la nation tout entière , il comptait seulement les gentilshommes et les soldats. Si le duc de Bouillon fût devenu Farbitre de la conduite du parti , la scène eût été souvent ensanglantée , mais sa politique violente trouvait des obstacles dans les vues plus modérées du Coadjuteur.
Ces deux hommes exerçaient la principale influence sur les affaires ; avant que les résolu-
3l2 HISTOIRE DR LA FRONDE.
lions importantes fussent communiquées aux autres chefs de la Fronde , ils en délibéraient en secret. La duchesse de Bouillon seule était admise à leurs conseils^ et non moins ambitieuse que son mari , elle soutenait les intérêts de sa maison avec Tascendant quelui donnaient une rare beauté, un grand caractère et une vertu sans tache.
Quand la réponse douce et bienveillante ' que la Reine avait faite aux députés du Parlement fut connue dans Paris , elle y produisit un effet subit et prodigieux. Les esprits se tournèrent aussitôt vers la paix, et Ton put en prévoir la conclusion prochaine. Le duc de Bouillon représenta alors au Coadjuteur : t( Que cette paix faite sans leur participation » allait les livrer sans défense au ressenti- » ment de la Reine, et ruiner leurs affaires au » moment où les troubles qui éclataient de » toutes parts dans les provinces et les se- » cours annoncés par les ducs de Longueville » et de La Tremoille leur promettaient un )) triomphe complet. Il fallait à tout prix ar- » rêter la précipitation du Parlement, se
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