CHAPITRE VII. — i649- 3i
» rendre maître de ses délibérations, et les M moyens en étaient faciles, si le Coadjuteur » et le duc de Beaufort voulaient faire usage » de leur crédit sur le peuple de Paris. Il suf- )) fîrait de s^assurer par Texil ou par la prison » de dix ou douze présidens et conseillers, )) leurs adversaires les plus prononcés. Le » Parlement , ainsi purgé et contenu par la » crainte du peuple , se montrerait docile et » n'apporterait plus aucun obstacle aux pro- » jets des généraux. »
Le duc de Bouillon proposait encore au Coadjuteur de signer un traité d'alliance avec l'Espagne , et d'accepter les secours de l'armée que l'Archiduc mettait à leur disposition. La duchesse de Chevreuse , qui avait négocié ce traité à Bruxelles , écrivait incessamment pour en presser la conclusion, et les avantages particuliers qu'elle promettait au nom de l'Archiduc , à tous les seigneurs considérables de la Fronde, donnaient beaucoup de poids à ses instances.
Le Coadjuteur refusa également et de traiter avec l'Espagne et de prêter son crédit pour soidever le peuple de Paris. « Tout avec le » Parlement, » répondit-il au duc de Bouil-
3l4 HISTOIRE DE LA FRONDE.
Ion; « rien sans lui. Si nous étions de la lie » du peuple , nous pourrions av oir la pensée » de faire ce que fit Bussy-le-Clerc au temps î) de la Ligue, c^est-à-dire d''emprisonner et » de saccager le Parlement ; mais dans le poste » où nous sommes , ce n'est ni notre honneur
» ni notre compte Si nous ôtons Tautorité
)) au Parlement , en quel état jetons-nous M Paris? Le même peuple dont vous vous M serez servi pour abattre Tautorité des ma- )» gistrats ne reconnaîtra bientôt plus la vôtre. » A la vérité , le Parlement penche en ce mo- )» ment à faire une paix peu sûre, mais je ne » voudrais pas me séparer de lui quand j'y )) verrais clairement ma ruine. En demeurant » uni à ce corps , je suis au moins assuré de )) conserver mon honneur ; en m'en séparant, M je puis être très-aisément réduit à devenir )) dans Bruxelles l'aumônier deFuensaldagne.» Dans l'espoir de triompher de la résistance du Coadjuteur, la duchesse de Bouillon lui confia alors un secret « qui allait sous peu de » jours changer la fa je des affaires et donner » aux généraux une supériorité décisive. M M. de Turenne était sur le point de se dé- » clarer pour le parti. 11 nous écrit , continua