‹ Histoire de la FrondeChapitre 134 sur 155 · CHAPITRE VII. 1649- 3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 1649- 3l

bien que plus aguerris que leurs confrères, se montrèrent aussi fort éloignés de s''engager dans un traité secret avec les ennemis de TÉtat; si cependant FArchiduc voulait faire des propositions avantageuses touchant la paix générale et les adresser au Parlement, ils pensaient qu"'une question si populaire en France pourrait engager la compagnie à entrer en négociation avec lui.

Depuis plusieurs semaines un moine espagnol, agent de FarchiducLéopold, résidait en secret à Paris , muni de blancs-seings de son maître. Le Coadjuteur et le duc de Bouillon, espérant émouvoir les esprits par une scène imprévue, et éloigner les propositions d^un accommodement avecla cour, imaginèrent de présenter le moine au Parlement comme un ambassadeur accrédité auprès de la compagnie pour traiter de la paix. Au moyen d'un des blancsseings de r Archiduc , on fabriqua une lettre de créance , et le jour même * où les gens du Roi firent rapport à rassemblée des Chambres , de Paccueil favorable qu'ils avaient reçu à Saint-Germain, le prince de Conti,

* 49 février.

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prévenant la délibération qui allait souvrir suice rapport, annonça : « que le seigneur Don )' Joseph Illescas, gentilhomme envoyé par « Tarchiduc Léopold , avec lettres de créance M pour traiter de la paix générale, attendait » au parquet des huissiers et demandait à être » introduit et entendu. »

Cet incident jeta l'assemblée dans une grande perplexité. Les jeunes conseillers des enquêtes, toujours amoureux des choses nouvelles et flattés d'un si grand honneur pour le Parlement, réclamèrent à grands cris l'admission du gentilhomme espagnol. Les vieux magistrats, étonnés d'un procédé contraire à toutes les formes, soupçonnèrent facilement quelque embûche. La matière mise en délibération, deux avis furent ouverts et soutenus l'un et l'autre avec une grande chaleur.

Le sieur Crespin, doyen du Parlement, opina « qu'il n'y avait pas d'apparence d'ouïr » un envoyé des ennemis de l'État après avoir » refusé d'entendre un héraut de Sa Ma- » jesté; ces prétendues ouvertures de paix » étaient sans doute un piège , et , après n tout, le Parlement n'étant pas partie capa- » ble pour y répondre , il ne devait pas les

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