‹ Histoire de la FrondeChapitre 135 sur 155 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

>» écouter. Sous le dernier règne , des lettres » de la reine-mère défunte et de M. le duc • d''Orléans , alors dans la disgrâce de la cour, i> ayant été apportées au Parlement , elles » avaient été renvoyées au Roi toutes cache- « tées, et si la compagnie avait rendu ce res- » pect au Roi lorsquMl était question d'une )) grande Reine affligée et d'un enfant de la )» maison héritier présomptif de la couronne, » tous deux persécutés par le cardinal de Ri- » chelieu , elle en ferait autant , sans doute , » lorsqu'il était question d'un ancien ennemi » de la France. »

Broussel , chef de l'avis contraire, demanda « que l'envoyé fût admis et entendu pour » que la compagnie ne demeurât pas respon- » sable envers les peuples, d'avoir rejeté des » ouvertures de paix ; si autrefois on avait » refusé d'ouvrir les paquets de la reine-mère » défunte et de M. le duc d'Orléans , ces mau- M vais exemples de servitude ne devaient pas » tirer à conséquence. Les registres consta- » taient, au contraire, que plusieurs rois et » princes avaient écrit à la compagne et s'é- )• taient soumis à son jugement. Enfin, un » vain respect pour la Reine et la crainte

3îlO HISTOIRE DE LA FRONDE.

)> qu'elle nMnterprétât mal une démarche in- » nocente, ne pouvaient balancer un bien ef- » fectif et les avantages de la paix générale. » L'avis du doyen , conforme aux conclusions des gens du Roi et soutenu par le premier président et le président de Mesme, n'obtint que soixante -treize voix; celui de Broussel en ayant réuni cent dix -neuf, Don Joseph lUescas fut introduit dans le Parlement, et après avoir remis sa lettre de créance il dit au nom de son maître : « Que depuis deux ans 1) la paix générale, tant désirée par toute la » chrétienté et nécessaire à la tranquillité des » deux couronnes , n'avait pas été conclue » parce que le cardinal Mazarin avait refusé » les ofl'res les plus avantageuses à la France. » Mais depuis la sortie du Roi hors de » Paris , ledit Cardinal se montrait disposé à » accédera toutes les conditions dictées par » l'Espagne, témoignant que son principal » motif était de mettre Paris à la raison , et » sollicitant à cet effet l'aide de M. l'Archiduc , w attendu que cette affaire était la cause des » souverains qui ne devaient pas souffrir la ré- » bellion des peuples. Néanmoins le Roi ca- » tholique ne jugeait pas qu'il lui fût hono-

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