‹ Histoire de la FrondeChapitre 136 sur 155 · CHAPITRE VII. 1649. 3îi · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 1649. 3îi

» rable de contribuer à Toppression d*'une si » auguste compagnieenlaquelle résidaitprin- M cipalement Tautorité légitime du Hoi très- » chrétien ; volontiers au contraire il se sou- » mettrait au jugement de messieurs du Parle- )» ment , puisqu'un traité de paix pour être » valable devait être homologué par eux. Il )) laissait à leur choix d'envoyer en tel lieu » qu'ils voudraient élire, des députés de leur » corps pour y traiter et conclure une paix » équitable et ferme.

» Sadite Majesté catholique était bien in- » formée qu'il ne restait que deux cents hom- » mes dans Péronne, autant dans Saint-Quenw tin, beaucoup moins dans le Catelet, mais » elle n'entreprendrait rien contre ces places, )) et était prête au contraire à faire marcher » ses troupes pour la conservation du Parle- » ment, s'il jugeait à propos d'agréer leurs )) services. »

Don Joseph lllescas demandait en finissant que la compagnie délibérât sur la proposition de son maître et lui donnât une réponse; mais personne n'osa ouvrir Tavis de faire un tel outrage à l'autorité royale, et l'arrêt rendu à l'unanimité ordonna : (f Que des députés por-

TOMK I.

322 ' HISTOIKE DK LA FRONDE.

» teraient à Sa Majesté la lettre de créance de » TArchiduc , et copie des propositions faites » par son envoyé, sur lesquelles le Parle- » ment par respect n'aurait pas voulu ren- M dre réponse , ni même délibérer avant » que Sa Majesté eût fait connaître sa vo- » lonté ».

Les députés devaient aussi remercier laReine de la réception favorable qu'elle avaitfaite aux gens du Roi, et la supplier de rendre la paix à sa bonne ville de Paris. Les présidens Mole et de Mesme furent nommés pour porter cet arrêt, comme plus propres que toutes autres personnes à ménager la réconciliation, et ils partirent pour Saint-Germain, bien décidés à ne rien épargner pour y réussir.

Après avoir, dans une audience solennelle, exposé à la Reine , en ternies dignes et mesurés, Tobjet de sa mission, Mathieu Mole eut avec le duc d'Orléans et le prince de Condé une conférence secrète, qui se prolongea fort avant dans la nuit. Il leur représenta « que le » moment critique était arrivé; que cette af- )) faire pouvait produire la désolation de )) l'Etat; que si l'on poussait les choses à )) l'extrême, Paris réduit au desespoir était

Page 1