CHAPITRE VII
)) capable de prendre parti avec les Espagnols ; )) que le Parlement même pouvait se laisser » entraîner à donner atteinte à la régence de )> la R«ine, et que déjà quelques-uns osaient » proposer de suivre le malheureux exemple )) de FAngleterre et de déclarer que toute » l'autorité royale re'sidait dans le Parle- » ment. »
Depuis long-temps le duc d'Orléans se reprochait de s'être laissé arracher par l'abbé de La Rivière son consentement au siège de Paris. M. le Prince voyait avec dégoût la continuation d'une campagne qui ne lui promettait que des succès sans gloire. Le cardinal Mazarin, peu sensible aux reproches d'incojiséquence et defaiblesse, était prêt à jurer de nouveau l'ordonnance du 24 octobre , en attendant l'occasion de l'attaquer avec plus de succès. Mais la Reine ne se pouvait résoudre à traiter de puissance à puissance avec des sujets rebelles ; elle persistait à exiger que le Parlement renonçât à s'occuper des affaires publiques, qu'il obéit à l'ordre qui le transférait à Montargis, et n'attendit que de la clémence royale le rétablissement du corps et le pardon des individus.
Mathieu Mole n^ayant ni la volonté, ni le pouvoir d^acce'der à de telles conditions, allait repartir pour Paris avec le regret de son mauvais succès, quand la Reine, cédant enfin aux instances de tout son conseil , consentit à traiter sur d^autres bases. Les princes autorisés par elle convinrent avecles députés du Parlement que des commissaires nommés de part et d'autre se réuniraient à Ruel pour accommoder les diftérends àTamiable; ils promirent en outre que les passages seraient ouverts pour Tapprovisionnement de Paris, aussitôt que la compagnie aurait accepté les conférences et nommé des députés pour y assister.
Cette nouvelle porta la consternation dans le conseil des généraux. M. de Turenne n'était point en mesure de se déclarer; il rencontrait de la part des colonels de son armée des obstacles qu'il ne pouvait immédiatement surmonter, et demandait encore un délai de quelques jours. Le duc et la duchesse de Bouillon renouvelèrent leurs efforts auprès du Coadjuteur'pour le décider à soulever le peuple , seul moyen qui leur restât de retarder la conclusion de la paix; mais le Coad-