CHAPITRE VII
médiatement, mais une difficulté fort grave faillit de rompre d'abord la négociation j le cardinal Mazarin s'étant présenté pour prendre place dans l'assemblée , les députés des compagnies refusèrent de le recevoir. Le duc d'Orléans représenta cependant « que puisque Sa » Majesté trouvait bon que tous ceux nommés )» par le Parlement assistassent aux conféren- » ces, on ne pouvait empêcher d'j assister » aussi ceux que la Reine elle-même avait » nommés. » Le premier président répondit: » Qu'un arrêt rendu en bonne forme déclarait » le cardinal Mazarin perturbateur du repos » public, que c'était contre lui que se tenait » la conférence et que sa présence serait un » outrage à la justice. »
Après de vifs débats , il demeura convenu qu'alin de ne rien préjuger pour ou contre l'arrêt du 8 janvier, les députés de la Reine et ceux des compagnies , logés dans des lieux séparés , ne communiqueraient ensemble que par des commissaires, qui porteraient des uns aux autres les résolutions respectives. Quelques discussions eurent lieu ensuite relativement aux subsistances de la ville de Paris. Les princes avaient consenti à laisser entrer chaque;
jour cent muids de blé ' tant que durerait la conférence. Cette quantité, insuffisante pour la consommation journalière delà capitale, ne fut cependant pas exactement fournie. Le retard des arrivages et les exactions des soldats qui rançonnaient les boulangers, occasionaient des plaintes fréquentes. M. le Prince répondait « quMl n^était pas marchand de blé, et » n'entendait rien au commerce ; qu'il s'était '» engagé à laisser passer du blé, mais non » pas à en fournir, et que Messieurs de la » ville en trouveraient bien s'ils le voulaient /) payer. »
Ces préliminaires étant réglés , on en vint à discuter les conditions de la paix. Les premiers articles proposés au nom de la Reine par le chancelier Séguier et M. Le Tellier, semblèrent indiquer qu'elle avait conservé toute son ancienne fierté. Ils portaient :
«( 1°. Que le Parlement exécuterait l'ordre » qu'il avait reçu de se rendre à Montargis.
» '2°. Qu'il renoncerait à s'occuper d'affaires » publiques pendant trois années; qu'après ce
* Le muid de blé composé de douze septiers, pesant deux mille six cent quarante livres, devait être payé à raison de 1 3 livres lo sous par chaque septier.