‹ Histoire de la FrondeChapitre 141 sur 155 · CHAPITRE VII. 1649. 33t · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 1649. 33t

tion de M. de Turenne^ Thomme le plus considérable du parti , faisant alors prévaloir sa politique , un traité secret fut signé par les généraux avec l'Espagne malgré le refus du Coadjuteur d'y prendre part, et le marquis de Noirmoutiers se rendit auprès de TArchiduc pour hâter le mouvement de ses troupes et les accompagner à leur entrée en France. La guerre civile allait ainsi recommencer plus acharnée , et la consternation de la cour était égale à la joie de ses adversaires, quand un dénouement inattendu mit fin à cette crise. La paix fut conclue à Ruel * à des conditions inespérées ' pour la Reine , et Mathieu Mole consentit à la signer avec le cardinal Mazarin.

En violant ainsi ses instructions et en sacrifiant même les intérêts de sa compagnie, le premier président s'exposait aux plus grands dangers et il ne l'ignorait pas ; mais son intrépidité relevait au-dessus de toute crainte personnelle , et de puissans et généreux motifs avaient inspiré sa résolution.

La révolte de M. de Turenne et le traité

* Pièces justificatives.

1 1 mars.

conclu par les généraux avec l'Espagne , mettaient en péril la monarchie. Le Parlement , désormais hors d'état de maintenir son indépendance, devait plier sous le joug de la Reine ou sous celui des grands seigneurs , alliés aux ennemis de la France. Réduit à sacrifier les libertés publiques, Mole voulait au moins conserver l'ordre et rétablir la paix. Le président de Mesme , décidé par des motifs moins désintéressés peut-être, sut profiter de l'indignation généreuse de son confrère contre les généraux ; il obtint son autorisation pour traiter avec la cour , et, se rendant chez le cardinal Mazarin au milieu de la nuit, il lui dit ; «Dans l'état où sont les affaires, nous » avons résolu de payer de nos personnes; » nous signerons la paix pour sauver l'Etat ; )» nous la signerons à l'instant même, car le » Parlement peut nous révoquer demain. Nous » hasardons tout : si nous sommes désavoués » on nous fermera les portes de Paris ; on »» nous fera notre procès comme à des préva- >) ricateurs et à des traîtres. C'est à vous de » nous accorder des conditions qui nous don- » nent lieu de justifier notre procédé. Il y va » de votre intérêt, puisque, si elles sont rai-

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