CHAPITRE VII
Il ne resta plus alors à régler que les intérêts des parlemens de NortAandie et de Provence. Pour bien comprendre quels étaient les points en contestation , il est nécessaire d'entrer dans quelques détails sur Tétat où se trouvaient alors les provinces.
Peu de jours après que la cour eut quitté Paris , le Parlement avait écrit à toutes les compagnies souveraines et aux corps des villes, pour les informer des motifs qui Pobligeaient à faire la guerre au Roi, et pour solliciter leur secours. Presque partout ces lettres avaient déterminé Padhésion de la magistrature. Les bourgeois suivaient toujours le parti des magistrats', et les gentilshommes,
' Cette observation n'a point échappé aux historiens de cette époque; le marquis de MaroUes dit expressément : Curiis juris dicundi , qui pro{>incias obtinent us bellicœ rei cura est. His nobilitas quœ arma tractare solet. , illis plebs quœ se curiarum judiciis adversum nobililatis potendam atque injurias inunitam vult , fai'ere solet.
Le même ajoute : Cœterum in instituendis curiis eoruin qui provincias obtinent inoderandœ potentiœ reges studuisse aiunt , huic alteram opponendo ; nam sicuti na-^ tura ita et respublica contrariis sustentatur.
La Ba^d^us de rébus gallicii , i64g.
35îl HISTOIRE DE LA FRONDE.
unis aux gouverneurs de provinces, tenaient le plus souvent pour le parti contraire. Mais Falliance que le Coadjuteur avait négociée entre le Parlement de Paris et un parti de grands seigneurs , amenant des combinaisons semblables dans les provinces, il arriva, dans quelques-unes, que les magistrats et les bourgeois firent cause commune contre la cour avec le gouverneur et les gentilshommes, et que, dans d''autres, le gouverneur et les gentilshommes, restés fidèles à la cour, firent la guerre aux magistrats et aux bourgeois déclarés pour le Parlement de Paris. Les troubles delà Provence et de laNormandie présentèrent ces deux caractères difFérens.
Le comte d'Alais administrait alors la Provence avec tout le despotisme des anciens grands vassaux. S'il faut en croire les doléances du parlement d'Aix : « C'était un » homme d'un orgueil furieux et insensé ; il » marchait toujours environné de ses gardes, » emprisonnait les citoyens sans aucune for- » malité , et fit un jour tirer trois coups de » carabine sur le laquais d'un conseiller qui )» ne l'avait pas salué avec assez de respect. » Il paraît au moins certain que le comte d'A-