‹ Histoire de la FrondeChapitre 151 sur 155 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

versaires, avait réuni deux mille gentilshommes dans la ville d'Aix, et le jeune duc de Richelieu, général des galères, lui avait amené de Toulon les officiers de la marine. Ces troupes parurent inopinément en bataille sur la place des Prêcheurs *. Les magistrats, rassembles dans la maison du président d'Oppède, donnèrent aussitôt des ordres pour la défense. En deux heures, vingt mille bourgeois ' furent sous les armes, des barricades formées dans toutes les rues, et les soldats cernés sur la place.

Le gouverneur n'avait pas prévu une défense si énergique et si bien concertée. Il lui fallut recourir à la négociation. L'archevêque d'Arles, les comtes deCarces et deBarbentane s'entremirent entre les deux partis. On convint de désarmer, à certaines conditions que les bourgeois exécutèrent fidèlement ; mais le comte d'Alais fit loger en secret des cavaliers dansl'Hôlel-de-Ville, et prépara une surprise pour le lendemain , jour de Saint-Sébastien , pendant une procession solennelle à laquelle

' Ce nombre semble devoir être exagéré, bien que cité dans toutes les relations du temps.

* i4 janvier.

tout le peuple assistait , en commémoration de la peste de i449- Cependant quelques indices ayant encore éveillé des soupçons , en peu d'instans la ville se retrouva en défense ; les troupes', pressées de toutes parts , furent contraintes à mettre bas les armes , et obtinrent à grande peine la permission de sortir de la ville. Le comte d^Vlais , le duc de Richelieu, cent cinquante des principaux gentilshommes de la. province se rendirent prisonniers, et demeurèrent sous bonne garde entre les mains de leurs ennemis. Le même soir, le Parlement s^assembla; un arrêt cassa les consuls faits par lettre de cachet, supprima le semestre, et ordonna que des députés se rendraient à Paris pour demander secours et protection.

Le parlement de Paris n*'avait garde de refuser son appui à une affaire de cette nature. Il donna arrêt d\mion avec celui de Provence , déclarant u que rétablissement du semestre » était contraire aux lois du royaume , et que » la cour ne tiendrait pas pour magistrats, » mais seulement pour personnes privées , les )> conseillers et autres officiers admis aux » charges dudit semestre. » Lors de la première conférence pour la paix à Ruel , les in-

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