‹ Histoire de la FrondeChapitre 33 sur 155 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

momens qi^on leur accorda ; à cinq heures du soir ils montèrent sur Féchafaud et reçurent la mort avec de grandes marques de résignation et de piété'.

Richelieu , après le message du chancelier qu^il attendait aux portes de Lyon , continua sa route vers Paris. Il j arriva * épuisé par cinq semaines de la marche la plus douloureuse , et dans un état de langueur et de maladie qui ne lui permettait guère d'espérer plus de quelques semaines d'existence. Il employa ce temps à combiner des plans de campagne pour pousser la guerre en FJandre , en Allemagne, en Espagne , en Italie. Jamais il ne s'était montré plus redoutable aux ennemis de la France , plus implacable envers les siens ; jamais aussi ses procédés envers ses maîtres ne furent plus impérieux et plus ofFensans; il semble qu'après son retour à Paris il prit à tâche de braver et d'humilier la Reine et le Roi lui-même. Il ne quitta point son fauteuil pendant une visite qu'Anne d'Autriche lui

* Voir, à la fin du troisième volume, les pièces juslificatives B.

* 16 octobre.

rendit à Huel, et, loin de s'excuser sur sa-ma* ladie, il prétendit que c'était un droit des cardinaux de rester assis devant les reines. Par une entreprise plus audacieuse encore, il ordonna à ses gardes de ne point déposer leurs armes en présence du monarque, ainsi qu'ils l'avaient fait jusqu'alors. Enfin, ne pouvant oublier le complot formé pour l'assassiner dans la chambre même du Roi, il exigea que les sieurs de Tilladet, de La Salle et Desessarts, fussent privés de leurs charges et chassés de la cour. Louis tenait beaucoup à conserver ces officiers qui se recommandaient à lui par une aveugle obéissance ; il avait juré de les défendre, et c'était pour Richelieu une raison de plus de les poursuivre.

Le Roi céda enfin, plus incapable, de jour en jour , de rien refuser à son ministre qui lui devenait à la fois plus odieux et plus nécessaire. La part que la Reine et le duc d'Orléans avaient prise à la dernière conjuration , le confirmait dans la pensée que Richelieu seul aurait la force de maintenir l'indépendance et la dignité de la couronne, contre des ennemis étrangers et des sujets rebelles. Déterminé à lui laisser la régence, Louis fit rédiger

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