‹ Histoire de la FrondeChapitre 34 sur 155 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

une déclaration qui, après avoir rappelé dans les termes les plus outrageans toutes les révoltes et les conjurations dans lesquelles le duc d^Orléans e'tait entré depuis 1626, le déclarait incapable en cas de minorité de prendre aucune part au gouvernement de l'Etat. Cette déclaration fut enregistrée au Parlement. Anne d'Autriche était menacée d'une dégradation pareille, et ces concurrens écartés laissaient le champ libre à Richelieu; mais depuis long-temps cet homme extraordinaire ne soutenait que par la puissance de son ame un corps exténué de souffrances. La mort devait triompher enfin; elle le surprit sans l'étonner au milieu de ses projets ambitieux. Averti qu'il n'avait plu^ vingt-quatre heures à vivre *, il fit appeler le monarque, régla pour l'avenir l'administration de l'Etat, comme s'il se fût agi de ses affaires domestiques ; il désigna pour son successeur le cardinal Mazarin , « dont il » avait éprouvé le zèle et l'habileté et qu'il n croyait plus capable qu'aucune autre per- » sonne de remplir la place qu^il quittait. » Le Roi promit de se conformer en toutes choses

* 12 décembre.

aux dernières volontés de son ministre, et agréa le cardinal Mazarin comme chef de son conseil.

Richelieu accomplit avec décence ses devoirs religieux, il fit des actes d^humilité, protesta qu'il n'avait jamais eu d'autres ennemis que ceux de la France , et se recommanda d'une voix ferme et avec un front serein, aux prières de quelques évêques qui s'édifiaient de tant de calme et d'indifférence. Un d'eux ', mieux inspiré peut-être, recevait de ce spectacle une impression différente. « En vérité, dit- » il, tant de sécurité me fait peur. » Prqfectb nùnium me terret magna illa securitas.

* Philippe Cospéan, évêque de Lisieux.

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