‹ Histoire de la FrondeChapitre 4 sur 155 · VJ PREFACE · texte numérisé non relu

VJ PREFACE

et la bourgeoisie pour concilier les franchises nationales et les droits du pouvoir royal. »

Si la ve'ritë historique ne permet pas d'accorder sans restriction ces éloges à l'ancienne noblesse, il faut au moins reconnaître qu'on ne pourrait , sans une bizarre injustice, l'accuser de trop d'obéissance. Toutes les classes de la société étaient jadis animées d'un indomptable esprit d'indépendance, et (il importe de le rappeler aux partisans de cet ancien régime, qu'on nous présente comme un temps de repos et de servilité' ) la résistance à main armée contre l'autorité souveraine était encore, lors de la minorité de Louis XIV, le droit commun de la monarchie

Dieu nous garde d'un retour aux institutions de nos pères ! non pas, comme on nous le répète si souvent, qu'elles dussent

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ramener le despotisme , mais parce qu'elles précipiteraient l'Etat dans une effroyable licence. Tant qu'elles restèrent en vigueur, la guerre de tous contre tous fut la conse'quence nécessaire d'un ordre social dans lequel les corps et les individus ne pouvaient reconnaître les limites de leurs droits. A la vérité', après de vains efforts pour fixer ces limites, la France tomba épuisée aux pieds du trône d'un grand roi, et nous aurions peine à comprendre sa longue résignation , si de nos jours elle n'avait aussi plié sous le joug d'un maître qui abusa de la gloire , et lui fit payer cher le repos des factions.

Nous savons aujourd'hui que le despotisme est la punition de l'anarchie; qu'il peut durer plus ou moins de temps, mais qu'il ne fonde rien pour l'avenir. Nous ne chercherons désormais le véritable esprit

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delà monarchie française, ni dans les ordonnances de Louis XIV, ni dans les décrets de Napoléon ; tous deux ont attaché leur nom à d'utiles reglemens administratifs , à des codes , monumens de sagesse et de doctrine, mais ni Fun ni l'autre n'avaient re'solu les grandes questions politiques agitées, avant eux , dans la réunion des compagnies souveraines en i648, et dans l'Assemblée constituante en 1790.

Gloire au monarque législateur qui le premier a concilié les droits des rois et ceux des peuples î Rendons grâces à Louis X VIII , non d'avoir affranchi les Français libres depuis quatorze siècles, mais d'avoir par une juste et prudente transaction assuré le trône contre les excès d'une indépendance désordonnée. Nous ne reverrons plus ce temps où les magistrats et les sujets Çià^QS faisaient 'la guerre civile sur

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les conclusions des gens du Roi', et s'ecriaient sans scrupule : JVos armes sont légitimes '/ Ce temps où le plus loyal des guerriers débauchait son armée, et la conduisait contre la reine qui lui en avait confie le commandement! Gardonsnous, cependant, de nous méprendre sur le caractère de ces actes ; ils accusent le vice des institutions, et non pas la loyauté de ceux qui les ont commis. Une corrélation nécessaire entre les devoirs et les droits, amène inévitablement cette conséquence, que les sujets me'connaissent leurs devoirs quand leurs droits ne sont point fixe's ; et le grand avantage des chartes écrites, c'est qu'elles ne laissent d'incertitude ni sur les uns ni sur les autres.

* Mémoires du cardinal de Retz.

* Mémoires d'Orner Talon.

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