‹ Histoire de la FrondeChapitre 43 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

litique , on les trouve suffisamment expliqués ^ par les intérêts et les devoirs de sa situation i nouvelle. Les princes et les seigneurs réunis pour défendre ses droits, réclamaient aussi pour leur compte la restitution de leurs biens, j de leurs charges , de leurs gouvernemens , passés depuis quinze ans en d'autres mains. , Pour les satisfaire , il eût fallu perdre toutes [ les conquêtes faites par Richelieu au profit -, de l'autorité royale; et au moment où Anne' i d'Autriche recevait le précieux dépôt de / cette autorité, elle en devenait avare. Dans leurs efforts pour résister à la tyrannie, ces princes et ces seigneurs avaient recherché | l'appui de l'Espagne, traité avec les ministres de Philippe IV. Autrefois confidente et complice de leurs complots , la Reine cédait désormais à des inspirations plus françaises; elle séparait ses intérêts de ceux du roi d'Espagne, son frère, et les services rendus à la maison d'Autriche n'étaient plus un titre auprès d'elle.

En accordant sa confiance aux successeurs de Richelieu , il était loin cependant de la pensée de la Reine de renouveler des persécutions. Elle prit soin au contraire

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d'assurer le duc de Beaufort , IVvèque de Beauvais et leurs amis, de la continuation de sa confiance et de son affection. Ellemême se chargeait de présenter leurs demandes à son conseil, cherchait des tempéramens pour les satisfaire , et s''efforçait d''établir Tunion entre ses nouveaux ministres et ses anciens serviteurs. Mais chaque jour ses intentions conciliantes rencontrèrent des difficultés insurmontables.

MM. de Montrésor , d'A ubijoux et de Fontrailles ', condamnés à mort par contumace, rentrèrent en France sous le nouveau règne, et s'adressant d'abord à M. le duc d'Orléans pour le service duquel ils ayaient encouru ces condamnations, ils lui représentèrent « que le moyen de concilier leur sûreté » et rhonneur de Son Altesse, était de faire » condamner la mémoire du cardinal de Ri- » chelieu , comme celle d'un ennemi public , » usurpateur de l'autorité royale ; par ce » moyen Son Altesse se vengerait des offenses )» qu'elle avait reçues ; rétabliraitla mémoire de » ceux dont le sang avait été répandu pour

' Voir la page 87.

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