‹ Histoire de la FrondeChapitre 44 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

» son service, et tirerait ses serviteurs d'aft'aire )i sans qu'ils prissent des lettrés d'abolition : » les mettant en état de ne jamais se repentir 1) d'avoir exposé leurs biens et leur vie pour » s'opposer à la tyrannie de laquelle ils avaient )) souffert tant d'indignités. »

11 ne pouvait être question de condamner la mémoire de Richelieu, quand la Reine donnait sa confiance aux hommes qui avaient concouru à tous les actes de son administration. M. de Fontrailles et ses amis, réduits à prendre des lettres d'abolition, se plaignirent avec quelque apparence de l'ingratitude de leur maître. Bientôt après les ducs d'Epernon, de Vendôme et de Bouillon, eurent sujet de se montrer plus înéconlens encore. Le duc d'Epernon demandait la restitution du gouvernement de Guyenne dont il avait été arbitrairement dépouillé; le duc de Vendôme, privé sans plus de motifs du gouvernement de Bretagne, avait en outre à faire valoir les services de son fils le duc de Beaufort; et la réclamation du duc de Bouillon était plus embarrassante que toutes les autres.

Là principauté de Sedan venait d'être confisquée à la suite d'une conspiration formée

entre le duc et la Reine elle-même, contre leur ennemi commun. C'était dans Sedan que la Reine voulait chercher un asile avec ses fils, si Richelieu eût survécu au Roi. Le duc de Bouillon lui avait généreusement accordé cet asile , et juré de mourir pour la défendre. AujourdMiui il réclamait non la récompense de son dévouement, mais la restitution de son patrimoine. Cependant depuis vingt ans Sedan était le centre de tous les partis formés contre Tautorité royale, le point de départ des armées étrangères qui, conjurées avec les factieux, pénétraient jusqu'au cœur du royaume pour le dévaster. La Reine savait ; mieux que personne l'importance de Sedan dans une guerre civile et étrangère , et ne pouvait véritablement ni garder cette place avec honneur , ni la rendre sans compromettre la tranquillité de l'Etat.

Pressée chaque jour entre des difficultés de ce

o-enre, Anne d'Autriche donna toute sa con-

j fiance au cardinal Mazarin, dont l'esprit souple

\ lui aidait à les éluder, et s'éloigna de ses an-

I ciens amis dont les plaintes l'importunaient.

Aussi surpris qu'affligés de la perte de leur

crédit, les Importans conservaient cependant

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