‹ Histoire de la FrondeChapitre 50 sur 155 · CHAPITRE II. 1643. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 1643. l

mais Coligny et le duc de Guise se battirent dans la place Royale, à Tépée et au poignard. La duchesse de Longueville assista au combat, d'une fenêtre de la place ; elle eut la douleur de voir son chevalier , blessé et désarmé , réduit à demander la vie qu'il perdit , peu de mois après , des suites de sa blessure.

Malgré tous les efforts de madame de Chevreuse, la Reine prit parti pour la maison de Condé , et ordonna que madame de Montbazon ferait une satisfaction publique à madame la princesse. Le cardinal Mazarin r.édigea les phrases qui devaient être échangées réciproquement ; il les écrivit de sa main sur des papiers que la princesse de Condé et la duchesse de Montbazon attachèrent à leurs éventails. La scène fut jouée à Fhôtel de Condé en présence de toute la cour. Mais la contenance des acteurs était plus hostile que leurs paroles n'étaient conciliantes. Madame la Princesse, plus irritée qu'auparavant, déclara qu'elle n'irait dans aucun lieu où elle pût rencontrer madame de Montbazon , et cette querelle ainsi déclarée, entre des personnes si vivement soutenues par deux partis ennemis, ne pouvait manquer de faire naître de nouveaux incidens.

C'était alors la coutume , pendant Tété , que la cour se réunit sur les bords de la Seine , à Tlextrémité des Tuileries , dans un lieu que les Mémoires du temps nomment le jardin Regnard. La duchesse de Chevreuse y ayant fait préparer une collation par une belle soirée , la Rçine s'y rendit et décida madame ' la Princesse à l'accompagner, sur la parole que madame de Montbazon ne serait pas de la fête. Cependant celle-ci se présenta, peu de momens après l'arrivée de la Reine. Madame la Princesse voulut se retirer, et la Keine déclara qu'elle ne la laisserait pas partir seule. Les amis de madame de Montbazon rengagèrent inutilement à ne pas insister: «La » fête était donnée par madame de Chevreuse, » et elle ne pouvait, disait-elle, se laisser j» bannir de chez sa belle-fille , par le caprice » de son ennemie. » Après de longs pourparlers, les choses n'ayant pu se mettre d'accord, la collation n'eut pas lieu , et la Reine rentra au Louvre fort offensée.

Peu de jours après * , madame de Montil.'» '. .' '. '.'■ • ■

» La princesse duuairièrt: de Condé s'appelait à ht cour madame la Princesse.

• 4 septembre i643.

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