‹ Histoire de la FrondeChapitre 54 sur 155 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

femme de qualité à qui Ton permit de bâtir sa maison au milieu de la place Royale; d'une autre qui obtint de prélever un droit sur les messes qui se disaient à Paris. Enfin tout ce qui ne touchait pas à Fautorité despotique ' était livré de bonne grâce au premier occupant.

Pour fournir aux dépenses de TÉtat augmentées par tant de profusions , il fallait écraser le peuple d'impôts , exciter un mécontentement général et fatiguer l'obéissance des Parlemens. A la vérité la déclaration de 1641 ' défendait à ces compagnies de réitérer des remontrances importunes. Aux termes de cette déclaration , l'enregistrement des édits fiscaux n'avait plus d'autre objet que de donner aux actes du pouvoir absolu toute Fauthenticité d'une date certaine ; mais la Reine avait tacitement abrogé ces dispositions, en s'adressant au parlement de Paris pour faire casser le conseil de régence institué par le feu Roi ; et il devenait difficile de contester désormais à ce corps le droit d'intervenir dans les affaires publiques.

Le cardinal Mazarin prétendait d'ailleurs

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arrivera ses fins par des voies toutes contraires à celles de son prédécesseur. Il caressait la magistrature, répétait en toute occasion «qu'il » ne voulait gouverner que par les conseils » du Parlement, qu'il regardait les magistrats )) comme les tuteurs du Roi mineur. » Les chefs des compagnies souveraines trouvaient près de lui un accès facile, un accueil gracieux. Affectant d'ignorer le détail de leurs droits et des formes de justice, pour s'excuser ensuite de les avoir violées , il se montrait toujours prêt à demander des conseils et à accepter les expédiens qui arrivaient à son but en ménageant les amours-propres et les intérêts particuliers.

L'avocat-général Omer Talon nous donne , dans ses Mémoires, le détail des entretiens qu'il avait avec le ministre à l'occasion des devoirs de sa charge. On y reconnaît le manège d'un diplomate habile qui cherche à séduire un bonbourgeois par l'apparence d'une confiance toute amicale, à l'éblouir en paraissant l'initier dans les secrets de la haute politique. Il lui raconte longuement « comment il a fait » sa fortune , combien elle lui est à charge , » les dégoûts que lui causent les courtisans ,

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