CHAPITRE III. 1644. *5l
maisons ; et quelque temps après , un nouvel arrêt du conseil réduisit des neuf dixièmes la somme demandée aux propriétaires. La justice reprit alors son cours accoutumé; mais le succès que venait d'obtenir la résistance Pencourageait pour jine autre occasion que les besoins du trésor ne pouvaient manquer de faire naître bientôt.
Le déficit produit par Fexcédant de la dépense sur la recette , devait être couvert chaque année par quelque ressource extraordinaire. Réduit à abandonner Pédit du toisé, d'Émery eut recours à la vente d'un million cinq cent mille livres de rentes à prendre sur le produit des aides et des cinq grosses fermes. Dans Tétat du crédit , ces rentes ne devaient pas trouver d'acquéreurs volontaires, et il fallait contraindre les riches et notables habitans de la ville de Paris à les recevoir pour un prix déterminé. Cette espèce d'emprunt forcé , au taux où les rentes furent fixées , procurait au trésor une rentrée de dixhuit millions; mais cette fois l'assemblée des Chambres devenait inévitable , et menaçait d'une violente résistance.
Dans l'espoir delà conjurer, Mazarin oft'rit
l52 HISTOIRE DE LA FRONDE.
d'abandonner au Parlement le soin de distribuer les rentes à qui bon lui semblerait , Tinvestissant ainsi du droit exorbitant de taxer arbitrairement les citoyens. Le Parlement , séduit par Pamour du pouvoir, accepta cette triste mission , et enregistra sans résistance Pédit portant création de rentes. Bientôt, cependant, les réclamations s'élevèrent de toutes parts , et lorsqu'après les vacations qui commençaient chaque année le 7 septembre , et duraient jusqu'à la Saint -Martin , le Parlement fit sa rentrée, les conseillers des enquêtes et des requêtes demandèrent plus vivement que jamais l'assemblée des Chambres, « pour travailler » à reformer PÉtat que les déprédations des » finances et le mauvais ménage de l'admi- >» nistration mettaient en péril. »
Mazarinconservaitlamajoritédanslagrand'- Chambre ; elle refusa encore la convocation. Les conseillers des enquêtes et des requêtes , résolus à sortir de tutelle, se réunirent alors dans la salle de Saint-Louis au nombre de quatre-vingt-quatorze, et après avoir nommé un président et un grelïier pour tenir leurs registres, ils arrêtèrent « de se transporter I' dans la grand'Chambre , d'y sommer par