‹ Histoire de la FrondeChapitre 60 sur 155 · CHAPITRE III. 1645. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 1645. l

1) trois fois le premier président de mettre » eu délibération ce qu^il convenait de faire » vu Tétat des affaires publiques; à son re- )) fus , de sVdresser au second président, )» puis au troisième , et enfin aux plus anciens » des enquêtes , si tous messieurs de la grand'- » Chambre refusaient d'ouvrir la délibéra- » tion.

L''autorité du Parlement allait ainsi passer aux plus fougueux de la compagnie. Mazarin perdait tout moyen de la contenir, et il fallait sVttendre aux derniers excès. Malgré les dangers d'un coup d'Etat et la répugnance du Cardinal pour des mesures violentes , il se décida enfin à y recourir. Les présidens Barillon et Gayant *, les conseillers Le Comte et Queslin, considérés comme les chefs de l'opposition dans les Chambres des enquêtes, furent enlevés de leurs maisons, le premier enfermé dans un château fort , les trois autres envoyés en exil.

A cette nouvelle tout le Parlement s'émut ; les gens du Roi firent des remontrances ; le premier président convoqua l'assemblée des

* 25 mars i645.

l54 HISTOIRE DE LA FRONDE.

Chambres , et la compagnie en corps, marchant à pied dans les rues, se rendit au Palais- Royal pour demander la délivrance et le retour des quatre magistrats.

Mazarin manquait de Firrésistible fermeté que Richelieu savait déployer en pareilles circonstances; il se laissa effrayer, et accorda le rappel des trois exilés : le président Barillon demeura seul prisonnier. Loin que cette concession calmât les esprits, les remontrances en faveur de ce dernier furent renouvelées avec plus de chaleur. Le premier président ", introduit dans le cabinet de la Reine, « la supplia » de ne point excepter le président Barillon »» de la justice qu^elle avait rendue à ses trois » confrères, ou de le renvoyer au Parlement )» pour lui être son procès fait et parfait par )» les voies ordinaires. Sa Majesté devait con- » sidérer qu^en procédant par voies tyran- » niques et arbitraires, il était loisible aux » ennemis d''un homme de bien de le faire

• Mathieu Mole , né en i584- Pendant vingt-sept ans procureur-général au parlement de Paris. Premier président après Nicolas le Jay en i64o , mort en i656. Il eut de sa femme Renée de Nicolat dix enfans , dont six filles religieuses.

Page 1